My Father MF The Judge Grand Robusto

 My Father

 MF The Judge

Grand Robusto



My Father


Voilà une marque qu’on commence à voir un peu plus souvent sur nos marchés car au départ c’était surtout le marché U.S. qui était demandeur. Pourtant en 2015 quand je fume le Flor de Las Antillas My Father Benelux et que je suis agréablement surpris, je me dis : voilà une marque que je vais suivre de près. Et puis c’est une longue traversée du désert pour l’amateur que je suis.

My Father Cigars est une jeune entreprise qui s’est installée au Nicaragua en 2009 et pourtant tout a commencé bien plus tôt. C’est en 1961 que José Pepin Garcia, seulement âgé de 11 ans, se pose derrière une table roulante pour rouler son premier cigare. Et puis, comme pour beaucoup d’autres, arrive Fidel ; donc en 2003, il s’installe à la Little Havana (Miami, Floride) et y développe une toute petite fabrique de cigares. Enfin, sous l’impulsion de son fils Jaime Garcia, ils ouvrent au Nicaragua The Garcia Family Industrial Park (My Father Cigars). Et comme de nombreuses familles dans le monde du cigare, ils sont très vite rejoints par la fille de Don Pepin Garcia puisque Janny Garcia devient la responsable du siège My Father Cigars.



My Father


Donc ce soir je m’attaque à un des 20 cigares produits par la Famille Garcia.



My Father


Déjà, rien que la face intérieure de la boite est de toute beauté. Il faut savoir que ce cigare a été inspiré d’un ami de la famille qui est juge ; celui de la boite me fait étrangement penser à Mercator. Derrière lui, il a plusieurs livres qui sont vraisemblablement les codes judiciaires. Il a à ses côtés une boite de cigares et un autre livre, peut être celui dans lequel il s’est plongé pour rendre son verdict ou The Holly Bible ô combien importante pour les américains, même si une juge de New York a prêté serment sur le Coran (ce qui lui a valu un tas d’insultes), ou si au Canada on laisse le choix entre la Bible ou un serment solennel et que le débat est ouvert, en général cette coutume est toujours d’application ; d’ailleurs les présidents prêtent serment sur la Bible de leur choix lors de l’Inauguration Day et la coutume est reprise régulièrement dans les séries et films made in U.S.

Enfin, nous avons un rappel de la marque et que les cigares sont faits mains.

La face avant de la boite nous signale que nous avons un cigare box pressed.

Comme un ami me demandait des explications au sujet du box pressed… Vous devez savoir que si on prend un cigare et qu’on décide de faire le même blend en box pressed, cela va être impossible, car celui-ci éclaterait dans la presse ; le seul moyen trouvé à ce jour est de retirer volontairement une feuille de la tripe.

Cela va donc modifier la saveur originale du cigare ; par contre le cigare aura une cendre plus compacte, il va libérer plus de saveurs, voire même un meilleur équilibre. Certains amateurs vont jouer sur le meilleur maintien en main et d’autres vont regretter la difficulté de la faire tourner en bouche.

Encore un peu de patience mes chers lecteurs pour la dégustation proprement dite.



My Father


Ma vitole a une cape couleur chocolat au lait avec une bague de pied et deux autres plus imposantes ; celle-ci me fait penser à du velours avec des couleurs pastelles. Je ne m’y attarderai pas trop car mis à part les rappels traditionnels de marque, nom de la gamme et faits main, il n’y a pas grand-chose à détailler.

Je peux donc commencer la cérémonie de la coupe et à cru j’ai des sensations de bassecour, de caramel, de poivre blanc et de terre sèche.

Retour à la sacro-sainte allumette pour embraser le pied de ma dégustation du jour. Celui-ci rougeoie et comme sur les box pressed que je fume, je vérifie que les côtés de mon carré soient bien pris avant de me lancer vers le cœur du bijou.

Un beau lot de fumée envahit la pièce, et je suis plongé dans un bain de saveur assez varié avec du foin, du sucré, de la terre, du poivre blanc, du caramel mou, du porc grillé.

Le tout dans une harmonie très proche de la perfection, à ce niveau la puissance reste moyenne mais va évoluer lentement à moyen-fort dès le deuxième tiers de ma vitole.

Par moment, je me revois en train de mordiller sur un bâton de réglisse, pas du tout au niveau saveur mais beaucoup plus au niveau aspect comme si je mâchouillais un bois sec.

A ce stade les noisettes font leur entrée et repoussent le poivre légèrement en retrait avant qu’il ne revienne plus rouge, plus fort et persistant.

La combustion est très bonne puisque sur les 3 tests, elle s’est chaque fois régularisée d’elle-même. Le tirage quant à lui, reste souple pour un cigare pressé. Comme prévu la cendre reste ferme un long moment avant de se fendiller et de tomber dans le cendrier.

Mais je ne suis pas au bout de mes surprises au niveau variation de saveurs puisque le poivre disparait de nouveau, mon caramel mou sucré devient du beurre caramel salé et mon cigare libère maintenant un côté plus floral ; fini le foin sec et la fougère pour me donner un champ de fleurs printanières avec une touche subtile de vanille, et pour terminer avec satisfaction sur une pointe de poivre noir.

Les dégustations de ce Box pressed Grand Robusto m’ont pris plus de deux heures car le cigare m’a rappelé plusieurs fois que j’avais une belle dose de nicotine.

Ce cigare de 12.7 cm pour un cepo de 60 est réalisé avec des tabacs pratiquement tous du Nicaragua. Don Pepin ne donne pas beaucoup d’informations sur la cape ; mais comme il ne parle nulle part de puros et qu’il insiste sur le fait que les autres tabacs proviennent tous de sa production au Nicaragua, je pense qu’on peut faire confiance aux revues spécialisées.

Cape : Sumatra Oscuro (Equateur)

Sous-cape : Corojo & Criollo (Nicaragua)

Tripes : 3 feuilles (Nicaragua)

En conclusion : une très belle découverte et un moment de plaisir intense avec un cigare complexe et assez chargé en nicotine. Je le déconseille le matin ou à jeun.

Je vous invite à vous faire votre propre opinion et j’attends vos retours en commentaires sous cet article. Pour ma part, j’en ai plusieurs encore dans mes caves et je suis heureux de l’avoir fait découvrir à des amis qui l’ont apprécié.

Prix d’achat à ce jour 18.50 euros.

Je vous laisse avec une citation de Don José Pepin Garcia :

C'est une passion de toute une vie ! Il ne s'agit pas seulement d'un cigare, c'est un rêve - le rêve de Garcia !

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