Bière belge d’abbaye

Bière belge

d’abbaye



Bière belge d’abbaye


Si je vous dis moines vous pensez directement à monastère ou abbaye.

Avant la révolution française, l’eau n’était pas toujours des plus potables, c’est pourquoi grand nombre de monastères brassaient leurs bières.

Comme ceux-ci étaient aussi hospitaliers, ils offraient le gite et le couvert aux pèlerins et aux voyageurs qui avaient bien besoin de se désaltérer après une journée sur des routes poussiéreuses. Très vite les moines se sont améliorés dans le brassage pour offrir à leurs visiteurs une bière de qualité. Certains voyageurs n’hésitaient pas d’ailleurs à faire un détour pour se rendre dans certaines abbayes dont la bière faisait la réputation.

A la révolution, bon nombre de ces brasseries, monastères ou abbayes furent détruits.

Cela mis un coup d’arrêt dans les bières d’abbaye mais comme le Phoenix, elles se sont relevées de leurs cendres.

Au fil des années, la bière est sortie des abbayes pour s’exporter, être vendue hors des enceintes des abbayes.


Nous avons en Belgique, 3 sortes de bières d’abbayes.

Les plus connues les Trappistes, puis les bières d’abbayes reconnues et enfin les bières d’abbayes.



Bière belge d’abbaye


Les bières d’abbayes, comme la St Bernardus, la Corsendonk ou la Triplel Karmeliet, sont des bières qui font référence à une abbaye existante ou non, à un saint ou un endroit religieux. Elles font donc référence à une abbaye (ou un saint patron de celle-ci) mais n’en porte pas le nom spécifique. Elles sont brassées avec une ancienne recette de cloitre ou une particularité de l’abbaye. Pour la Sint Bernardus par exemple, cette bière était à l’origine brassée pour l’abbaye de Westvleteren. Elle s’appelait alors Sixtus et était fabriquée avec la levure d’origine St. Sixtus. La licence a été suspendue en 1992 et la bière porte désormais le nom St Bernardus.



Bières belges d'abbayes


Les bières d’abbayes reconnues, il en existe ± 30, comme Val-Dieu, Grimbergen et Leffe qui commercialisent plus de 90 bières différentes.



Bière belge d’abbaye


Celle-ci portent un logo de reconnaissance sur les bouteilles et sont protégées par celui-ci.

Il y a deux étapes essentielles pour avoir ce logo :

·         Avoir un lien avec une abbaye dont l'existence est ou a été reconnue.

·         Faire partie des membres de la fédération Brasseurs Belges.

Une fois celui-ci acquit la protection va s’appliquer comme prévu par les deux articles suivants :

Pour les bières d’abbaye existantes au moment du dépôt de la marque (avant le 12 juillet 1999) :

  • Il y a un lien avec une abbaye existante / n’existant plus actuellement
  • Il faut payer des royalties destinées au financement d’œuvres caritatives ou autres ou des œuvres culturelles en vue de préserver le patrimoine culturel de l’abbaye, liées à l’abbaye ou à      une institution si l’abbaye n’existe plus.
  • L’abbaye ou l’institution existante exerce un droit de contrôle en matière de publicité.

Pour les nouvelles bières d’abbaye (après le 12 juillet 1999) :

  • Soit la bière est brassée dans une abbaye existante non-trappiste, soit une abbaye existante fait brasser sous sa responsabilité et sous licence la bière dans une brasserie laïque et aide à        commercialiser la bière ; ou la bière est brassée par une brasserie laïque ayant un lien juridique via un contrat avec une abbaye existante pour l’emploi de son nom et la commercialisation est faite par la brasserie laïque 
  • Il faut payer des royalties à l’abbaye / l’ordre concerné et l’ordre doit soutenir des œuvres caritatives.
  • Doit être basé sur un fond historique (l’abbaye en question doit avoir existé dans le passé et doit avoir brassé).
  • L’abbaye exerce un droit de contrôle en matière de publicité.

Le logo est la représentation d’un calice devant un vitrail avec de chaque côté, en français et néerlandais Bière belge d’abbaye reconnue.

Comme vous l’avez lu, le lieux d’origine de la bière et l’endroit de brassage peuvent être très éloignés ou très proches, ainsi la Leffe qui puise son nom dans l’abbaye de Dinant est brassée depuis des années chez Stella à Louvain.

Attention pour info, ce logo n’est pas un titre de qualité, cela n’a rien à voir.



Bière belge d’abbaye


Enfin celles, dont nous sommes les plus fiers, ce sont les bières Trappistes.

Il n’y a plus que 11 brasseries trappistes dans le monde, et la Belgique en a 6.

Achel, Chimay, Orval, Rochefort, Westmalle et Westvleteren.

 

La trappiste est une bière brassée par des trappistes, des moines de l’ordre cistercien. Ce n’est pas une variété de bière mais une dénomination d’origine. Le nom provient d’une des abbayes fondatrices de l’Ordre des Trappistes : l’Abbaye Notre-Dame de la Trappe en Normandie.



Bière belge d’abbaye


Ces brasseries disposent de leur propre logo d’authenticité.

 

L’Association Internationale Trappiste a été créée en 1997 par 9 abbayes belges, 4 abbayes néerlandaises et 2 abbayes allemandes. Elle a créé un label pour protéger leurs produits.

 

Le logo Authentic Trappist Product certifie que le produit qui le porte respecte les critères définis par l’Association internationale Trappiste :

 

  • Le produit doit être fabriqué au sein d’une Abbaye trappiste ;
  • Le produit doit être fabriqué par ou sous le contrôle des moines ;
  • Une part des revenus doit être consacrée à des œuvres à caractère social.

 

Voilà pour éclaircir les questionnements et apaiser les discussions sur les réseaux sociaux, je voudrais encore rajouter quelques phrases à cet explicatif.

Les bières d’abbaye sont des bières avec une teneur en Alc. plus élevée qu’une pils : la leffe blonde 6.8%, la leffe triple 8.5%, l’orval 6.2%, la westmalle triple 9.5%.

Ce sont aussi généralement des bières à haute fermentation (la fermentation a lieu durant 3 à 8 jours à une température de 15 à 25 degrés Celsius).

Et enfin on retrouve souvent dans les bières d’abbaye des doubles, des triples…

Généralement, on considère qu’une Triple désigne une bière blonde d'environ 7 à 9% de volume d'alcool alors qu’une Double est une bière foncée d'environ 6% de volume d'alcool. Mais c’est de nouveau une déformation, au moyen âge beaucoup de personnes ne savaient pas lire donc les brasseurs mettaient une, deux ou trois croix sur les tonneaux. On pourrait dire qu’une croix c’était une pils, que dans les fûts avec deux croix, il y avait le double de matière première et trois croix, le triple de matière première.

Au fil des ans, on a gardé les dénominations pour parler de taux d’alcool. Et pour conclure il ne faut pas confondre triple et tripel, car tripel est une bière qui utilise 3 céréales, la Tripel Karmeliet est une triple (bière blonde qui fait 8.4% Alc.) et qui utilise dans sa recette : le froment, l'avoine et l'orge.


Commentaires

  1. Cher Ker, merci de nouveau pour ces précieux éclaircissements ! Feras-tu ou as-tu déjà disserté sur les bières corses ? Take "KER"... Eric de REIMS

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. je ne suis pas contre mais la seule que j'ai gouté la Pietra ambrée ne m'avait pas laissé de bons souvenirs

      Supprimer

Publier un commentaire