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Fuente Fuente Opus X The Lost City Piramide

Fuente Fuente Opus X 

The Lost City

Piramide



the lost city


Voilà une gamme de cigare à la genèse bien particulière, permettez-moi d’essayer de vous la résumer.


the lost City


Nous sommes en 2004, le réalisateur-acteur et producteur, Andy Garcia réuni autour de lui, des acteurs comme Dustin Hoffman & Bill Murray pour un film qui lui tient à cœur avec ses origines cubaines (Andy est né à la Havane). Celui-ci se déroule dans les années 53 à 59 et raconte la vie d’un patron de night-club qui vit des moments difficiles avec la fin du régime de Batista et le début du règne de Fidel.

Pour la petite histoire : dans le film, les amateurs de formule 1 (comme mon ami Alexandre D.) seront ravis qu’on rappelle l’enlèvement de Fangio à Cuba, et les Belges nous en prenions déjà pour notre grade avec le Congo et à cause d’un saxophone.

Pour une des scènes les plus poignante du film, Andy cherchait à reproduire l’environnement d’une ferme de tabac cubaine. Pendant ses recherches, il a été présenté à Carlito Fuente et lui a demandé s’il serait possible de tourner cette séquence au Château Fuente en Rép. dominicaine.

Comme amateur de cigares, vous savez surement que les liens entre les exilés cubains sont très forts et donc Carlito a accepté.

La scène devait se tourner en juillet, et Andy a dit à Carlito au printemps 2004 : C'est dommage que vous soyez sur le point de récolter votre tabac, cela aurait été formidable de tourner la scène directement dans le tabac. Une toile de fond parfaite pour la représentation précise et émouvante du film de ce qui est arrivé aux fabricants de cigares cubains, car les entreprises qu'ils avaient travaillé des décennies à construire leur ont soudainement été retirées.



The Lost City


Carlito n’a pas mis longtemps à réfléchir et a proposé à Andy de planter juste après la récolte ainsi lors du tournage, il aurait à sa disposition une parcelle de quelques acres de tabac de 3 pieds de haut.



The Lost City

The Lost City


Toujours aujourd’hui, Andy Garcia dit que c’est la plus belle scène du film. Fuente en fait même une brève apparition.

Après le tournage, le tabac a été récolté, et Andy a demandé à Carlito : Que vas-tu faire de tout ce tabac ? S’il est bon, je l’utiliserai à répondu Carlito.

Alors Andy lui a suggéré de faire des cigares The Lost City et que ceux-ci pourraient aider la fondation Fuente – Newman, TheCigarFamily Charitable Foundation.

Cette fondation comprend The Cigar Family High School et au départ cela devait être un don pour agrandir l’école mais au fil des années le projet s’est agrandi et maintenant The Cigar Family High School est un complexe de 23 acres qui se compose d’une école primaire et secondaire, un centre de santé, un programme d'agriculture biologique ainsi qu'une installation sportive et récréative.

Avec l’idée d’Andy, Carlito allait pouvoir mettre un jalon supplémentaire à ce fabuleux projet. La création de The Lost City Scholarship Fund, une initiative créée pour offrir des bourses d'études aux étudiants diplômés de The Cigar Family High School.

Et avec des partenariats tels que Zainal Mohebi Holdings (le distributeur aux Émirats arabes unis), la Famille Meerapfel(Arturo Fuente International hors États-Unis), Mr Pinglife ou encore PrometheusInternational et God of Fire cigars, je pense que la fondation a encore de bons jours devant elle.

C’est pour l’anniversaire de mon grand ami Roch W. que j’ai décidé de partager avec lui ce cigare pyramide. C’est lors de ma visite à la Maison Demiautte (Charleroi) que j’ai eu l’occasion d’observer la boite.



The Lost City


Elle est dans un bois vernis qui s’ouvre sur le côté un peu comme un livre. Sur la face supérieure on retrouve toutes les indications sur le cigare, comme le rappel que c’est Directed by Andy Garcia, qu’on a des tabacs âgés et une date qui pourrait interpeler certains d’entre vous, 1992. C’est simplement une référence à l’année du lancement de la gamme Opus X.

Le couvercle intérieur de la boite est d’un noir laqué avec un grand logo Opus X



The Lost City
Photo de Fréderic Muller


J’ai une vitole avec une cape parfaite, légèrement huileuse, de couleur chocolat foncé. Elle est décorée d’une bague typique Opus X sauf que pour bien la différencier du reste de la gamme celle-ci est noire. Dessous une autre reprend le nom The Lost City et 2018 (année de fabrication des cigares).

Après un moment de contemplation, je sectionne la tête de ma vitole en regardant à deux fois, il vaut mieux deux coupes qu’un seule mais trop grande.

A cru, il n’y a pas à dire je suis non seulement dans un terroir Rép.dominicaine mais assurément dans un cigare A.F. Opus X.

J’allume mon briquet chalumeau et je commence à embraser le pied de ma Piramide.

Cette opération est une réussite totale, un travail juste et parfait.

La fumée se répand, la combustion est sublime, que la fête commence…

J’ai un cigare doux avec une petite pointe de poivre blanc, du cèdre, de la terre grasse.



The Lost City


La dégustation se déroule calmement, on est dans un bon moment de partage, de détente accompagné d’un bon cigare et d’un whisky Octave.

Voilà où le bât blesse, un bon cigare mais sans plus, je devrai plutôt dire un très bon cigare au niveau construction, combustion, visuel, fumée mais pas woaw quel envol, oufti qu’est-ce que c’est bon… je suis content de l’avoir fumé mais je ne suis pas transcendé par cette découverte. Et Roch, non plus.

Après avoir discuté avec des amis (Fred M & Johan D, pour ne pas les citer) et entendu leur retour, je me dis que l’adage des coaches qui dit : Pas de deuxième chance pour faire une première bonne impression, ne s’applique pas au cigare.

Donc ce soir je me refais un test d’un The Lost City en visionnant le film Adieu Cuba d’Andy Garcia.

Reprenons si vous le voulez bien au moment où la fête commence…

Mon cigare commence en douceur et me donne un peu de terre grasse, du cèdre puis lentement le poivre blanc fait son apparition.

Ma dégustation prend son envol et je me retrouve au palais des thés avec un superbe thé au jasmin accompagné d’un caramel mou et d’un crémeux envoûtant.

Le côté terre riche m’accompagne lors de toute ma dégustation et je suis dans un cigare qui est assez complexe même si le panel des saveurs est assez réduit mais c’est cela qui fait sa richesse. J’ai une sensation d’agrumes sur le côté de la langue un peu comme le zeste d’un citron mais cela n’est pas du tout dérangeant.

Le poivre vire vers le noir, cela donne un coup de souffle à la puissance de mon cigare qui se stabilise enfin vers moyen-fort tendance fort.

Cette fois je suis satisfait de ce moment de plaisir.

J’ai fait une dégustation de deux cigares The Lost City Piramide de 16.19 cm pour un cepo de 52, puro de Rép.dom. La complexité de la cape avec sa culture en plein soleil va orienter la dégustation du début à la fin.

En conclusion : ne laissez jamais vos impressions sur une dégustation prendre le dessus. Comme me disait Francis V. au début de nos échanges : essayes toujours de fumer deux trois cigares avant la rédaction d’un article. Les conditions doivent être réunies pour que le décollage s’opère et que votre dégustation vous envoie hors du temps.

Ce cigare très rare (il n’y a eu que 3650 boites pour le monde avec seulement 7500 cigares Piramide) va vous procurer des sensations étrangement complexes qui va bien le classer dans la gamme Opus X.

Et puis une fois de plus en fumant vous faites une bonne action, elle n’est pas belle la vie ?

Prix au moment de la rédaction : 46 euros.


Commentaires

  1. Ma modeste expérience avec les Fuente haut de gamme : je n'ai jamais été transporté. Du bon, du très bon mais jamais une émotion incroyable. J'adore le Short Story dans la gamme Hemingway mais je reste sur ma faim pour le reste. Mon palais n'est certainement pas encore assez entraîné et je me garde bien d'avoir un avis définitif sur la question, mais comme tu l'écris, dès qu'on a une impression/idée en tête, difficile de passer au-dessus.

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    Réponses
    1. On m'avait tellement parlé des opus X que ma première expérience avec le robusto a été un désastre, j'attendais tellement de ce cigare. Puis depuis j'ai trouvé mon bonheur dans d'autres modules. Je pense aussi que tout est dans les conditions de dégustations, regarde le premier Lost City m'a laissé de marbre et le second m'a transporté...

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    2. Oui c'est ça, et c'est valable pour tout : quand tu as un très haut niveau d'attente, tu es souvent déçu. J'essaie dans la mesure du possible de ne pas trop regarder le prix d'un cigare, de le déguster "à l'aveugle" mais quand on a acheté un module haut de gamme on s'en souvient ;-) je trouve excellent le principe du site Blind Man's Puff où plusieur dégustateurs reçoivent un même cigare sans savoir ce qu'ils fument. Ils croisent les avis et donnent un score général, c'est excellent comme manière de faire je trouve

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    3. oui les dégustations à l'aveugle sont parfois très surprenantes, même si perso je trouve que un score c'est tellement aléatoire

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