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Pourquoi vous ne verrez plus jamais le cidre de la même façon après un passage à Ouainville.

 La Ferme de la Chesnaie

Ouainville

Cidre Brut



cidre


Aujourd’hui, je vous propose de quitter la chaleur de notre Skalnid — cette alliance entre la force du skali viking et la douceur d'un nid — pour une escapade au cœur de la campagne normande. À seulement dix kilomètres de notre nid douillet, les portes de la Ferme de la Chesnaie s’ouvrent sur un décor typique de la région. Si l'on y croise vaches laitières et champs de lin, c'est un autre trésor qui attire aujourd’hui notre attention : ses vergers, plongés au cœur de la tradition normande, là où la pomme se travaille avec passion pour donner vie à un cidre de caractère.

Le nom de La Ferme de la Chesnaie ne doit rien au hasard. En vieux français, la « chesnaie » (ou chênaie) désigne un lieu planté de chênes. Aujourd'hui encore, ce nom évoque la robustesse et l'enracinement de cette exploitation typiquement cauchoise dans le sol d'Ouainville. Dirigée par la famille Couturier, cette ferme est un véritable modèle de polyculture-élevage. Sur ces terres du Pays de Caux, on ne se contente pas de faire du cidre ; on vit au rythme des saisons et des besoins de la terre : plus de 130 vaches laitières pâturent ici, fournissant un lait de qualité qui rappelle que la Normandie est avant tout une terre d'élevage. Les cultures : le paysage change au gré des parcelles de blé, de betteraves et surtout de lin, cette fibre à la fleur bleue si emblématique de notre région.

Mais le cœur de notre visite du jour ce sont les vergers.

Les pommiers de la ferme produisent chaque année des fruits gorgés de sucre et de caractère, transformés sur place. Selon les besoins de la production, ils s'approvisionnent également auprès d'agriculteurs voisins partageant la même philosophie.

Les exploitants veulent absolument maîtriser l’ensemble de la chaîne de production depuis la récolte à la main ou mécaniquement des pommes, jusqu’à l’élixir final. Une approche hautement artisanale qui demande son lot de travail mais qui garantit une pépite effervescente naturelle, non filtrée et sans sulfites.

Pour votre information et en petite parenthèse, ils ne se contentent pas de faire du cidre puisqu’ils produisent également un vinaigre de cidre, encore un étendard normand, et un superbe jus de pomme. Fin de la parenthèse.

Mais revenons à la genèse de cette découverte. Si vous connaissez la région, ou si vous êtes déjà venus nous rendre visite, vous savez que la commune de Cany-Barville a un magnifique lac, connu sous le vocable Lac de Caniel, et que nous aimons nous y balader avec Aurora. Lors d’une de nos visites, nous nous sommes installés à la terrasse du complexe : bar-restaurant-bowling. J’ai vu qu’il y avait du cidre brut à la carte et en 33cl donc je me suis dit : cool je vais tester cela.

La serveuse apporte mon verre et je l’associe avec un cigare Maison Casdagli.

Ce n’est ni l’endroit, ni le moment idéal pour faire une dégustation précise mais je constate quand même des sensations qui m’invitent à y revenir. Deuxième essai, cette fois au restaurant les Frégates. Là, j’ai un peu mieux le temps de déguster. 



cidre brut
Le verre du restaurant est la première photo de cet article, mais je voulais vous montrer la finesse et la teneur des bulles.


Les bulles sont fines mais persistantes. La finale en bouche est longue tout en étant aussi rafraichissante. Elle donne envie d’y revenir encore.

Cette fois plus question de passer à côté, direction Ouainville, pour me procurer mes propres bouteilles de 33cl de cidre brut. Par la même occasion je vais faire le plein de vinaigre de cidre et acheter du jus de pomme que je vous recommande également.

Quelques jours plus tard, je m’installe avec Aurora pour une dégustation digne de ce nom, et qui je pense, va me réveiller les sens. 



cidre brut


Elle décapsule la bouteille et verse lentement le cidre dans le verre, car un bon cidre c’est comme une bonne bière, il faut de la mousse mais pas trop, et surtout il faut du liquide. Pendant qu’elle réalise cette opération, je m’attarde sur l’étiquette.



Cidre


Je commence par le haut : 

Elle renforce aussi bien la stabilité de l’entreprise que la continuité familiale avec un dessin des bâtiments, le nom de la ferme et le visage d’un homme.

Juste au-dessous on a la représentation typique du pays de Caux, avec ses vaches normandes, ses prairies vallonnées et ses pommiers qui croulent sous les magnifiques fruits rouges.

L’image du cidre brut est assez souvent austère, surtout dans les cidres du commerce. Ici, on casse les codes avec un parachutiste dont le pépin (autre nom de la toile dans le monde des paras) est une pomme. Un petit rappel ludique que la Normandie a connu énormément de largages de parachutes lors de la guerre de 39-45 (oui en France, elle commence en 39), mais aussi un rappel que la dégustation d’un cidre fermier est comme un moment festif tombé du ciel.

Entre ces deux images, on retrouve dans des typographies différentes les termes CIDRE BRUT, traditionnel et fermier.

Traditionnel et fermier : Cette mention est cruciale. Elle garantit que le cidre est élaboré à partir des pommes de l'exploitation (Exploitation Agricole à Responsabilité Limitée de la Chesnaie) et selon des méthodes non industrielles.

Ces informations importantes sont clôturées par des mentions plus légales en bas de la bouteille.

4,5% Vol. : C'est le degré classique pour un cidre brut. Il indique que la fermentation a été poussée pour transformer une grande partie du sucre en alcool, offrant un produit sec et rafraîchissant.

Localisation précise : on retrouve bien l'adresse à Ouainville.

La mousse est retombée, il est temps de passer à la dégustation.

L'œil (la robe) : au premier regard, on est séduit par cet or ambré, profond et chaleureux. Contrairement aux cidres limpides du commerce, on constate ici une couleur nacrée, signe d'un produit authentique, peu transformé, qui a conservé toute sa matière.

Le nez (le bouquet) : avant même la première gorgée, le verre libère des saveurs puissantes de pomme mûre, de sous-bois, de paille. On est typiquement dans une ferme du Pays de Caux.

Le palais (l'attaque et le corps) : l'effervescence est fine, loin d'être agressive. En bouche, c’est un équilibre subtil. L'attaque est fruitée et généreuse, suivie d'une légère amertume qui apporte de la structure. On sent la "fermentation naturelle" qui laisse s'exprimer le terroir sans l'artifice du sucre ajouté.

La finale : elle est longue et rafraîchissante, laissant une pointe d'astringence qui rappelle la peau de la pomme et donne immédiatement envie d'y revenir.

Les tests se sont faits sur 4 bouteilles de 33cl de Cidre Brut.

En conclusion de dégustation : ce cidre, fleuron de la propriété, est l'arme de séduction massive de cette tête de pont normande. Il nous rappelle que le luxe véritable réside dans la simplicité d'un fruit respecté et d'un geste maîtrisé.

C'est un produit qui a une histoire et une noblesse.



cidre


La production totale est entre 7.000 et 8.000 bouteilles par an ; en plus pour la bonne cause, il y a un beau paquet de bouteilles qui partent au téléthon. Donc, je vous conseille vivement de vous y prendre tôt assez pour les réservations.

Prix au moment de la rédaction de cet article : 2.50€ la bouteille 33cl ; 4€ la bouteille 75cl.

Pour en savoir plus, consulter leurs pages Internet et Facebook.

La Ferme de la Chesnaie

380 Impasse de la Chesnaie

76450 Ouainville

Tél : 06 03 61 54 63

Tél : 07 89 51 73 58