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Joya de Nicaragua Dos Cientos

Joya de Nicaragua

Dos Cientos



Joya


Chez Joya, les cigares font souvent référence à son pays d’origine le Nicaragua, mais avec son Dos Cientos, il marque un autre évènement dans la vie de ses ancêtres. Le 15 septembre 1821, un acte d'indépendance fut signé à Guatemala City qui déclarait l'Amérique centrale (Guatemala, Honduras, Salvador, Nicaragua et Costa Rica) indépendante de l'Espagne. Et c’est avec ce cigare que le créateur de Joya a voulu rendre hommage au 200ème anniversaire de l’indépendance.

Nous sommes ce que nous sommes aujourd'hui grâce aux décisions qui ont été prises il y a des centaines d'années. Dos Cientos rend hommage à ces 200 ans et à ce que nous sommes aujourd'hui en tant que premier pays et région producteurs de cigares au monde. Nous voulons célébrer l'accomplissement de notre propre naissance en tant que pays et région, c'est pourquoi nous présentons des tabacs de différents pays d'Amérique, a déclaré le Dr Alejandro Martinez Cuenca, propriétaire de Joya de Nicaragua, dans un communiqué de presse.

Pour la production il y a 3000 boites de 21 cigares, mais seulement 1000 pour le marché hors States (j’ai la 12/3000).



Joya


Joya


Pourquoi 21 cigares, simplement parce que la partie supérieure de l‘intérieur de la boite est un peu comme un plumier qui contient un cigare emballé dans du papier, et Alejandro vous demande de le fumer le 15 septembre en mémoire du jour de l’indépendance.

Le packaging est une belle boite bleue avec des inscriptions en argenté, on y retrouve au centre le logo de Joya. Il est entouré de segments de lignes argentées (certaines plus sombres que d’autres), mon passé de transmetteur me fait penser à un symbole de relai radio, d’émission de fréquences ou de diffusion, j’imagine donc qu’ils ont voulu marquer l’importance de la diffusion du souvenir de cette date au combien importante pour eux.

Une autre explication est donnée par le président de Joya : Nous inviterons les gens à la fumer avec nous et à parler de notre histoire, de la valeur de cette histoire et de la signification de ce que nous sommes, non seulement pour nous-mêmes mais aussi pour le reste du monde.

Le bas du couvercle possède une bande de lignes successives de rouge et de bleu, les couleurs principales des drapeaux des pays d’Amérique Centrale ; elle se prolonge sur la face avant de la boite et on la retrouve de nouveau sur le couvercle intérieur.

Elle est complétée par une bande rouge avec 200 ans de liberté.

Enfin on nous rappelle que ce cigare fait partie de la famille Obras Maestras comme le très bon Cuatro Cinco.

Place à la dégustation de ce cigare fait de 5 pays différents.



Joya


J’ai une cape assez sombre avec une grande bague qui reprend le logo, le nom de la gamme, le fameux symbole, elle est terminée par deux bandes argentées avec en filagramme de petits logos de la marque.

Je la fixe un moment en pensant à tous les Hommes qui au cours des siècles ont donné leur vie pour leur indépendance et pour laisser une trace dans la vie de notre Terre Mère.

Je pratique une coupe droite, malgré un cigare bien rempli l’air passe de façon normale et les premières saveurs sont assez salines. L’allumage est parfait et délivre un beau flot de fumée.



Joya


Les premières bouffées me donnent une sensation d’amertume qui disparait d’un coup pour laisser place à du chocolat. A peine le temps de m’y habituer qu’une couche de sel se dépose sur mes lèvres et que le poivre blanc fait son apparition. La nicotine est bien présente et me rappelle de fumer lentement.

Rapidement, il monte à une puissance moyenne mais avec des saveurs intenses et il est assez difficile de les définir car celles-ci viennent et disparaissent pour revenir en force ; je suis un peu comme devant un océan et j’admire le flux et le reflux de ses vagues.

Le poivre noir est bien présent avec du café fort et une belle palette de fruits secs.

À la rétro-olfaction, le poivre plus blanc est piquant aux narines mais sans être agressif. Certains diront que c’est un signe de bel équilibre.

Passé le premier tiers, j’ai une bonne combustion et une cendre assez ferme sur le cigare même si elle s’effrite dans le cendrier. Par contre cette amertume revient de nouveau une fraction de seconde pour me remplir directement après d’une saveur plus sucrée.

Le second tiers va rester dans le même style avec toujours ce changement rapide de saveurs mais avec une base plus épicée et boisée. La combustion reste parfaite.

Si comme moi vous souffrez par période d’allergies, évitez de laisser trop de fumée monter vers vos narines, en gardant inutilement trop longtemps votre cigare en bouche par exemple, car très vite vous aurez des picotements dans le nez voir des éternuements.

Comme j’arrive vers la dernière partie de ma dégustation, le cigare me donne un gros coup rapide de poivre rouge qui remplit la bouche et dure longuement (principe du poivre rouge), il prend le dessus un moment avant de revenir dans des saveurs plus café, chocolat.

Le salin qui est présent depuis le début recouvre totalement mes lèvres et cela malgré le café strong qui accompagne ma dégustation. Il me reste encore plusieurs minutes de dégustation et celle-ci devient rassasiante, attention je ne veux pas dire que je m’en lasse ou que j’en ai marre, mais je sais déjà que je n’ai pas envie de refumer juste après comme il m’arrive parfois avec certaines vitoles.

La cendre est redevenue compacte même dans le cendrier cette fois.

Un autre avantage avec ce cigare, à vraiment fumer lentement, pas de cendre en pointe et dure comme de la pierre, pas de dégazage, mais quand même un peu la tête qui trinque.

Je termine ma dégustation avant de déposer un très petit mégot (aie la moustache) pour le laisser mourir tranquillement avant de le rendre à la Terre en ayant encore une pensée pour ces pays qui sont devenus ce qu’ils sont par leur labeur sur le tabac.

Mes dégustations se sont portées sur 3 cigares de ce Gran Toro de 15.24 cm pour un cepo de 54. Comme avec ma nouvelle habitude, elles ont été accompagnées de café et de thé vert

Cape : Habano (Equateur)

Sous-cape : Mexique

Tripe : Nicaragua, Rép. dom. et Honduras

En conclusion : un cigare complexe avec une grande onctuosité. Cela a été la dégustation pour laquelle j’ai eu le plus de difficulté à rédiger un article, car je n’ai jamais jusqu’à présent rencontré un cigare avec des changements de saveurs aussi rapides, et à chaque fois que je me suis dit mince il a de l’amertume, cela disparaissait aussi vite que c’était venu. Je suis persuadé que celle-ci ne vient pas de la jeunesse des tabacs mais est apportée par les sucs des tabacs. Je ne recommande pas ce cigare à un débutant ni à jeun. Par contre si vous aimez de la complexité dans une dégustation avec une dose de poivre qui reste très contenue et qui apporte un long moment de plaisir, je vous invite à faire votre propre dégustation. J’attends vos remarques de dégustations et votre ressenti en communication sous cet article.

Prix au moment de la rédaction : 13 euros.