Port Charlotte MRC : 01 2010

Port Charlotte

MRC : 01 2010



Port Charlotte


C’est la distillerie Bruichladdich qui développe la gamme Port Charlotte (comme elle fait aussi l’Octomore).

Celle-ci est la gamme tourbée de la distillerie et a un taux de ppm estimé à 40.

Cette présence de tourbe est bien mentionnée sur la bouteille avec la mention : Heavily Peated.

Qu’est-ce que l’étiquette nous apprend d’autre ? Que nous avons un whisky de 7 ans âge, qu’il fait 59.2 % ALC., que c’est un single malt d’Islay et qu’il fait partie de la série Exploration de fûts.

Vous devez savoir que la distillerie est aussi un véritable laboratoire innovant avec son whisky le plus tourbé au monde, et dans ce cas-ci avec sa maturation dans des fûts particuliers. Ce sont 200 fûts d’origines différentes qui se trouvent à la distillerie.

Pour cette édition MRC, ce sont des fûts de vins français qui ont été sélectionnés.

En premier lieu cette édition limitée a été portée à maturation dans des fûts de whisky américain de premier remplissage (50%), et les 50% restant dans des fûts de vin français de deuxième remplissage. Et cela pour une période de 6 ans.

Ensuite la combinaison des deux est encore restée 1 an dans des fûts d'un vin de Bordeaux particulièrement réputé. La distillerie n’étant pas autorisée à communiquer sur la maison Bordelaise qui a fourni les fûts de vin, et comme elle n'autorise personne à le faire, je ne vous en dirai pas plus, mais MRC devrait vous mettre sur la route.

Pour conclure cette description, sachez que la distillerie est fortement attachée à son territoire et ses origines ; donc l'orge employé est toujours 100% d'origine écossaise, soit de Islay, soit d’une autre région. Ici ils ont choisi la région de l'Invernesshire.

L'eau vient toujours de la source de la distillerie, ce whisky n'est ni filtré à froid, ni coloré.

Mais assez de techniques, passons à la dégustation. Elle se fera en deux parties suggérées par mon Maitre dégustateur du jour, mon ami Roch.



Port Charlotte


En premier, nous allumons le cigare qui va nous accompagner dans cette aventure. Un Arturo Fuente Opus X Lost City (le compte-rendu de celui-ci viendra plus tard)

Première phase : le whisky sec.

Roch nous sert une dose raisonnable de ce nectar et je porte mon verre au nez : je m’attends à avoir la tourbe aux narines mais c’est la saveur de fruits rouges qui arrive, accompagnée de réglisse avec une fine tourbe en arrière.

En bouche, la chaleur de l’alcool se fait sentir par où ça passe (comme on dit chez nous) ; il y a du chêne et de la fumée…

Roch ne me laisse pas le temps d’approfondir la dégustation car il vient avec sa pipette, (ah la pipette d’eau une magie pour le whisky, quelques gouttes suffisent)

Et on est parti pour un deuxième tour…

Au nez : je distingue clairement de la cerise, le côté côtier marin avec ses effluves de sel et d’iode, la vanille, la réglisse et le café.

En bouche : ce n’est évidemment pas ces quelques gouttes, qui vont ralentir la chaleur de ma dégustation, mais celles-ci vont libérer des impressions de pancakes au sirop d’érable, des amandes, des noix, du café et des prunes.

Lors de ma deuxième gorgée, il me semble même avoir des sensations d’orange. Le chêne est bien présent ainsi que le café et un chocolat amer.

Roch y a décelé aussi une bonne impression de pruneaux et de cerises noires

Ce qui me laisse perplexe en me réjouissant, c’est que toutes ces saveurs se marient parfaitement en laissant une place à la fumée.

On se ressert un dernier Dram pour finir tranquillement le cigare. Au final je suis assez surpris du côté asséchant en bouche ; certains critiques disent que cela provient du tanin du vin, je ne suis pas tout à fait d’accord puisqu’à ce niveau-là le MR est plutôt un vin soyeux. Je suis dans une fumée salée persistante épicée par du clou de girofle.

En conclusion : ce brut de fût Port Charlotte m’a fait forte impression ; il dégage beaucoup de choses si on prend la peine de le déguster correctement.

Il serait à classer dans les whiskys tourbés complexes. C’est ma troisième expérience d’une maturation dans des fûts de vins et je confirme que j’apprécie beaucoup plus le vin rouge que le blanc.

Cette édition limitée de ± 8000 bouteilles distillées en 2010 mérite vraiment le détour et si vous avez la chance de mettre encore la main sur une bouteille, je vous conseille de ne pas laisser passer l’occasion.

Prix au moment de la rédaction de cet article : ± 125 euros.


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