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Les Passions de Ker : Foreign Affair de Luciano, une Liaison Dangereuse à fumer.

Les Passions de Ker : Foreign Affair de Luciano

Une Liaison Dangereuse à fumer.

Toro Extra



Luciano cigars


Même si cela n’est pas le sens initial de ce nom, et je reviendrai dessus plus tard, il faut reconnaitre que passer un long moment avec ce cigare est comme une entente confidentielle, un moment où je me laisse aller à mon pur penchant hédoniste. Sa palette de saveurs audacieuses et douces nous entraine dans une relation passionnée. On s’envole pour un voyage personnel vers l’inconnu, une liaison secrète avec le luxe.

Pour Luciano Meirelles, ce cigare rend hommage à la mondialisation de l’industrie du cigare et de ses aficionados. Lorsqu’on fume un cigare, on plonge dans un mélange d’affaires étrangères. Des tabacs de différents pays, des travailleurs de différentes nations, des usines à travers le monde. Puis, au moment des dégustations, fumer un cigare rassemble des personnes de cultures différentes, de langues étrangères, cela crée une connexion humaine qui nous unit sous la même bannière, la dégustation d’une vitole. Fumer un cigare, c’est participer à un événement à l’échelle planétaire. C’est une affaire qui dépasse le produit local.



Luciano cigars


D’ailleurs, lorsqu’on regarde la bague, on constate que sous une feuille de tabac se trouve un globe terrestre sous sa forme de localisation ; c’est-à-dire qu’on n’a pas les pays, mais les méridiens et les parallèles.



Luciano cigars


Je sors donc ce Toro de sa cellophane. J’ai une cape chocolat au lait avec une bague haute en couleurs : du noir, du rouge vif, de l’or, du brun. Dans le cercle fait par le rouge et délimité par une circonférence or, une feuille de tabac repose sur le globe terrestre en filigrane. Le tout est entouré d’un autre cercle, noir cette fois, avec le nom du cigare en lettre d’or.

Vous ne saurez pas le rater dans les civettes des pays non décadents où on peut encore rentrer dans les Walking Humidors.

Pour l’heure, au chaud chez moi, je pratique une coupe droite et à froid, je me dis que Luciano a misé sur le moyen et l’équilibre plutôt que sur la pêche. J’ai des sensations de biscuits petit-beurre, de gingembre, assez bien de saveurs florales et de terre séchée.

J’ai aussi l’impression d’une vitole particulièrement bien serrée au toucher, et pourtant lors d’une aspiration, l’air semble parfaitement bien passer : ce phénomène est peut-être apporté par la double sous-cape de ce cigare.

L’allumage se fait tranquillement et le pied s’embrase parfaitement. 



Luciano Cigars


Les premières bouffées me semblent être quelques choses de déjà vu : poivre noir toujours en abondance, cèdre et terre. Même si cela est la marque de fabrique des nouveaux cigares, le démarrage reste très agréable. On en arrive à se dire alors, quand est-ce que cela chute, 1cm, 2 ou 3 ? Vous savez comme amateurs que cela arrive souvent entre 1 et 2cm, et cette affaire ne déroge pas à la règle. Un bon centimètre après le premier flot de fumée dense, mon cigare se calme et part vers d’autres horizons gustatifs : un velouté de mélange de terre grasse de de cèdre prend le devant de la scène. Le tirage est bon et la combustion ne me donne aucun problème.



Luciano cigars


Une légère compotée de fruits rouges se ballade tranquillement pas vite avec les prémices du retour du poivre noir ; mais c’est la terre et le cèdre qui tiennent le haut du paquet, et cela dans un équilibre parfait et sublimement onctueux.

Ma dégustation se prolonge encore un moment sans grandes modifications de saveurs.

Au niveau puissance, on a commencé par moyen pour monter lentement vers moyen-fort et ne plus quitter cette position sur l’étalonnage.

La dégustation s’est déroulée sur 3 cigares Toro Extra de 16.51cm pour un cepo de 52.

Cape : Sumatra (Equateur).

Sous-cape : 2 feuilles (Nicaragua, Equateur).

Tripe : Nicaragua, Rep. dom., Costa Rica.

En conclusion : on a l’impression d’être en présence d’un cigare d’antan lorsqu’on le déguste, au point qu’un ami m’a dit : à l’aveugle, je pourrais croire que c’est un ancien cubain. Il n’a pas une palette de saveurs extrêmement variée, elle est même plutôt basique, mais tout est fait dans un équilibre qui frôle la perfection et qui rend le moment de la dégustation prodigieusement agréable. On en redemanderait ! En tout cas, j’en aurai régulièrement dans mes caves. Donc, je vous encourage à vous rendre illico chez votre fournisseur favori, et à vous faire votre propre impression. Je vous demanderai juste de laisser votre retour ou avis en commentaires sous cet article.

Prix au moment de la dégustation : 19.90€.