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Luciano The Sergeant

Luciano

The Sergeant



Luciano cigare


Me voici donc plongé dans de très lointains souvenirs, puisque le R/44419 de la matricule a rejoint le Centre des Transmissions et de l’Electronique, le 3 septembre 1983 comme Candidat Sous-Officier de Carrière ; et j’ai porté ce grade pendant 6 ans (oui je l’aimais bien, donc j’ai fait un an de plus avec ma grande gueule).

Enfin quand je dis 6 ans, je pourrais dire beaucoup plus en fait ; je n’avais que la moustache à l’époque, et un jour quelqu’un a dit : tu ressembles au Sergent Garcia de Zorro. J’ai gardé ce surnom de nombreuses années même quand je n’avais plus le grade.

Ce que je retiens de ce passage de 3 ans de formation est qu’on nous a inculqué un esprit de Corps, un esprit d’équipe. On part à six, on rentre à six. On n’abandonne pas les autres, on reste soudés coûte que coûte… C’est un peu la genèse de ce cigare puisqu’il a été élaboré en hommage au sergent Brian Acevedo, membre du Corps des Marines des États-Unis et ami très cher de Luciano Meirelles. Il le décrit comme : l'une des personnes les plus dévouées et généreuses que je connaisse... Brian est l'exemple vivant de ce que signifie faire passer la vie d'autrui avant la sienne. Il a affronté le danger à de nombreuses reprises et a tenu bon. Ce cigare rend hommage à tous les hommes et femmes qui se sont courageusement engagés à faire preuve d'un altruisme inconditionnel. Nous n'aurions pas pu mieux le dire !

Luciano a donc réalisé ce cigare en signe de reconnaissance envers les femmes et hommes courageux, engagés, dévoués et généreux pour leur patrie, mais surtout en l’honneur de son ami Sgt. Le nom du cigare était tout trouvé.



Luciano Cigare
Photo de Pilou


J’ai une cape de couleur brun classique avec une bague assez imposante. Il y a des veines qui sont fortement visibles, mais elles sont bien écrasées. La cape est très peu huileuse. 



Luciano cigar


Pour la bague, vu le nom de la vitole du jour, on retrouve sur fond noir les trois sardines du grade de Sgt ainsi que le nom The Sergeant.

Ancienneté ou nostalgie obligent, je reste un moment perdu dans les pensées des 18 années consacrées aux Forces belges en Allemagne et à l’instruction des candidats Officiers ou Sous-Officiers. Tout revient en boucle : le Centre d’Instruction N°1, le 3ème Bataillon du Génie, l’Ecole des Transmissions et de l’Electronique, l’Ecole du Génie et celle de l’Infanterie, la 20ème Compagnie des Troupes de Transmissions, le 19ème Bataillon d’Artillerie à Cheval, l’Ecole des Transmissions et de l’Informatique…

Bon ! On se secoue, car j’ai un recce (NDLR : reconnaissance, en argot militaire) à faire. Je saisis mon coupe-cigare d’une main ferme et je coupe une partie de la coiffe. Je porte le cigare aux lèvres et aspire profondément. Une saveur mélangée de chocolat noir et de bois sec me parvient au moment où l’air arrive en contact de mes papilles. Je retire le cigare de la bouche et dans le même temps j’active la mise à feu de mon briquet torche. Je dirige la flamme vers le pied qui s’embrase rapidement. Retour du cigare en bouche pour activer la rougeur du pied de ma dégustation. Dernier contrôle visuel, petite rectification et tout est parfait pour un doux moment de plaisir. Cela m’aura pris moins de temps que de charger, épauler, tirer.

Maintenant, il faut se poster calmement et chercher les points de repère qui vont nous servir pour orienter nos appréciations. Ici du chocolat noir, une grande main à droite du cèdre, 10 mètres devant un parterre de noix grillées. Là du café léger parfume l’atmosphère.



Luciano cigar


Je passe à l’étape trois de ma check-list : me pauser, reprendre des forces, me laisser porter par mes sensations tout en restant sur le qui-vive, un incident de combustion peut toujours arriver sans crier gare.

Le cigare qui se consume lentement ne m’apporte pas de grand changement significatif : mis à part une crème onctueuse et un poivre blanc, il n’y a rien d’autre.

Attention cela reste complexe et agréable mais ce qu’on pourrait nommer le second tiers est assez semblable au premier. Mis à part peut-être qu’on frôle un peu plus le moyen fort.

Au moment du changement de quart, je fais mon rapport de recce à l’autorité supérieure : combustion bonne, tirage serré mais sans obstacle, puissance niveau moyen, corps moyen à moyen-fort.

Je repars en ronde pour le dernier tiers de ma garde. J’en profite pour passer au ravitaillement, car ma dégustation m’entraine vers du café expresso, du pain beurré grillé et des noix.

Puis je repars vers les buttes de terre grasse, le bois sec… Un moment, un tir retentit et un éclat de paprika fumé passe à raz de mes narines ; j’y réponds rapidement par un tir soutenu de rafales de cannelle et de clou de girofle.

Ma période de garde se termine, je rentre vers le QG. Mais avant de faire mon débriefing final, je pratique les mesures de sécurité et dépose mon mégot dans le cendrier.

Les dégustations se sont portées sur deux exemplaires Robusto Gordo de 12.7cm pour un cepo de 58.

Cape : Corojo 99 (Equateur).

Sous–cape : le cigare en est pourvu de deux. Connecticut Hybride (U.S.A.).

Tripe : Estelí Ligero, Jalapa & Pueblo Nuevo Visos (Nicaragua).

En conclusion : je suis assez surpris de lire que c’est une cape Corojo, car je n’ai pas retrouvé la puissance que je connais avec ce type de tabac ; mais je comprends mieux la combustion parfaite de celle-ci (de légères imperfections qui se rétablissent d’elles-même). Voilà un cigare, qui m’a plongé dans une marée de souvenirs ; et même sans un passé actif dans les forces de sécurité, je pense qu’il vous procurera un moment intense de plaisir.

Le meilleur moyen de le savoir est de vous rendre dans les meilleures civettes de votre région et de faire vos propres impressions. Personnellement, je le refumerai régulièrement.

Prix au moment de la rédaction de cet article : 12.90€.

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