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Skinhead Red Caïman

Skinhead

Red Caïman



Skinhead


Vous prenez un français qui a de bonnes idées et des connaissances dans le monde du cigare. Il est peu connu de mes lecteurs belges et pourtant il a sa renommée en France et à l’international puisque Sandro Stroili est la tête pensante d’Eurotab France depuis 1995, société de distribution de grandes marques comme Furia, la Ley, Nicarao, Rocky Patel, E.P. Carillo…

Je vous ai dit qu’il avait des idées, donc direction le Nicaragua pour y rencontrer une grosse pointure dans les cigares, j’ai nommé A.J. Fernandez.

Les deux gaillards se connaissent, ils ont déjà travaillé ensemble sur d’autres projets.

Sandro explique son concept à A.J. qui est emballé, et c’est en résumé ainsi, que la production de skinhead est née.

Un Toro réalisé uniquement avec des tabacs du Nicaragua âgés de 3 à 5 ans. Une fois ceux-ci roulés, ils passent encore un moment en Aging Room au Nicaragua avant de prendre la direction de la France, pour un nouveau repos (ce qui porte le total de celui-ci entre 6 mois et un an).



Skinhead


Ensuite, ils sont décorés de la bague en cuir qui vient d’Espagne, et mis dans de belles boites en provenance du Portugal, pour enfin atterrir dans les meilleures conditions dans nos civettes.

Skinhead : voici bien un drôle de nom pour un cigare ! Je rassure les puritains : il ne s’agit nullement d’un rapport avec des fans d’une équipe de foot (je vais rester vague par respect pour les fans du PSG) qui s’entrainaient 2 heures par jours dans les casemates de la capitale ; aucun rapport non plus avec ces jeunes anglais, portant des Dr. Martens, des jeans avec le bas retroussé, des bretelles et qui se sont rasés le crâne en signe de contestation contre la Dame de Fer et la guerre des Malouines.

Alors pourquoi ?

Pour comprendre, il faut prendre le problème à l’envers. Sandro a son projet, il a son fabricant et décide de s’attaquer à la bague, pendant la production de ses cigares. Vous devez savoir, qu’il a un faible pour, comment dire, les highly original rings (bagues très originales en français dans le texte). C’est d’ailleurs lui qui a insufflé l’idée du fil de laine à Didier V. pour les Furia.



Skinhead


Pour ce cigare, il est parti sur une bague en cuir avec deux entailles aux extrémités pour l’attacher. Et pendant qu’il réfléchissait à la question, il a eu une inspiration : Skin en français c’est peau, et Head c’est tête, donc la peau sur la tête du cigare. Le nom Skinhead à ce moment coulait tellement de source que rien ni personne ne pourrait lui faire changer d’avis.

Et comme pour cette première gamme, la fameuse bague est rouge, en cuir façon croco (de l'ordre des Crocodiliens, et pas l’animal) et que l’animal de cette famille qui vit en Amérique Centrale et en Amérique du Sud est le caïman … Skinhead Red Caïman est ainsi devenu le nom du module de cette gamme.

La petite histoire ne nous dit pas si ses réflexions viennent d’un esprit savant ou perturbé (mais connaissant Sandro j’ai ma petite idée), et encore moins si elles se sont déroulées avec autant de rhum que les discussions concernant la bague du Furia.

Voilà donc le décor planté, je vais pouvoir commencer ma dégustation.

Je profite de l’été indien pour m’installer confortablement en terrasse ; je sors ma vitole de sa boite et je la regarde attentivement. La cape d’une belle teinte d’un brun foncé (Maduro) est huileuse et parsemée de belles nervures parfaitement écrasées qui lui donne ses notes de noblesse. Le rouge de la bande de cuir tranche sur le brun et attire immanquablement le regard.

Je décide de ne plus trainer et de pratiquer la coupe droite, au moment où le serveur m’apporte ma chouffe 50cl.

A froid, l’air passe parfaitement, le poivre est présent mais aussi le cuir fraichement tanné.



Skinhead


Il y a un peu de vent sur le bord de mer de Fécamp, donc j’utilise un briquet torche ; le pied s’embrase et la fumée fait son office.

Elle m’apporte son lot de poivre noir, de cannelle et clou de girofle. Mais vous le savez maintenant cette explosion d’épices ne dure généralement pas plus qu’un bon centimètre sur les nouveaux cigares.

En effet, il diminue d’intensité pour laisser place à d’autres sensations comme le café strong, la fougère, le cacao, la basse-cour, le cèdre et le chêne. Pourquoi je vous les donne pêle-mêle ? Simplement parce qu’elles m’arrivent dans un pack équilibré frisant un terme que je n’aime pas, la perfection.

Une gorgée de bière s’impose car mon cigare me dessèche les lèvres et je dois avouer que la fraicheur de la bière accompagnée de la coriandre me donne un super mélange avec les saveurs de mon cigare.



Skinhead


Ma seconde dégustation se fera au nid accompagné cette fois d’un café, et là aussi le mélange est enchanteur.

La fumée est imposante ; la cendre compacte accroche bien au cigare.

C’est à ce moment que les voyants passent au rouge : Warning ! Vu la rondeur du cigare et l’absence d’agressivité, vu l’âge ancien des tabacs choisis, il ne faut pas oublier de fumer doucement car la nicotine est bien présente.

Je ne sais toujours pas s’il a été favorable à mon voyage dans mes souvenirs en voyant les bateaux rentrés au port et s’il m’a aidé à me retrouver à la Ciotat, Calla Figuera, Hvar ou au milieu de la Manche pour une plongée… Mais ce dont je suis certain, c’est qu’il m’a permis d’atteindre un état modifié de conscience et il y avait belle lurette que je n’étais plus à la terrasse de la Boucane quand j’ai vu ma chère Aurora se matérialisée devant moi après sa deuxième séance de sport hebdomadaire.

Les dégustations se sont portées sur deux Toro de 15.24 cm pour un cepo de 58.

Cape : Nicaragua.

Sous-cape : Nicaragua.

Tripe : Nicaragua.

En conclusion : une très belle découverte, et même si on la doit à Sandro, on reconnait quand même la marque de fabrique d’A.J.

Un cigare qu’il vaut mieux ne pas fumer le ventre vide et de prendre le temps de la dégustation.

Bon on ne va pas encore revenir sur le prix… Vous savez maintenant que la crise qui dure depuis quelques années a entrainé une flambée des prix à tous les niveaux et que nos précieux moments de bonheur en ont aussi souffert.

Je ne peux que vous conseiller de vous rendre dans une civette française ou suisse pour vous faire votre propre idée et de me donner vos retours sous cet article.

Et pour mes lecteurs belges patience : Sandro cherche un distributeur chez nous.

Prix au moment de la rédaction : 22.50€.