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Davidoff Nicaragua E.L. 10ème Anniversaire

Davidoff

Nicaragua

E.L. 10ème Anniversaire



Davidoff


Bien avant la naissance du site, la Maison Davidoff sortait le Davidoff Nicaragua. C’est en 2013, que ce qui allait devenir la célèbre bande noire voit le jour avec une première exploration vers les tabacs du monde entier. Depuis j’ai développé Les Passions de Ker Mc Gwalch avec 895 articles, j’ai fumé plusieurs fois ce cigare que j’apprécie, pas plus tard encore que la semaine passée en Normandie… Quelle ne fût donc pas ma stupeur de constater que je n’en avais jamais fait un article !

Et pourtant, il a amplement sa place dans mes passions. Heureusement serai-je tenté de dire, 10 ans après ils remettent le couvert avec une édition limitée. Mais que nenni, puisque vous vous en doutez, elle est différente de la première édition sinon il n’y aurait aucune raison de faire une nouvelle gamme. Donc dans la foulée de cet article, je corrigerai mon oubli.

En attendant parlons un peu plus de ce 10ème Anniversaire.

Si l’édition classique est la plus vendue de la bande noire, c’est parce que les équipes ont travaillé sur la recherche de la chaleur et de l’intensité des volcans du Nicaragua pour ensuite les adoucir et faire un cigare riche en saveurs.

Pour cette édition Anniversaire, ils ont été encore plus loin. Ils sont montés jusqu’au sommet des volcans pour nous donner un cigare au maximum de sa capacité en saveurs.

Vous savez tous que nos vitoles se composent de plusieurs feuilles de tabac : 7 dans le cas de ce cigare. Pouvez-vous imaginer que le vieillissement de celles-ci a duré un total de 45 ans. Et ce n’est pas tout : une des feuilles de la tripe a à elle seule 9 ans d’âge (une première dans les cigares Davidoff). Cela laisse présager un bon moment de dégustation, surtout que quand il n’y en a plus, il y en a encore.



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Cette feuille de 9 ans est restée en finition 6 mois dans des fûts ayant contenu du rhum.

Devant cette déferlante de bonnes nouvelles je me sens comme Haroun Tazieff au pied des volcans, mais je dois d’abord revêtir mon kit d’explorateur : chapeau, coupe cigare, cendrier Davidoff, Briquet Winston Churchill, le couteau et le fouet à la ceinture… 13°10′ N, 86°24′ O, me voilà. J’ai placé le camp de base à la limite de La Villa de San Antonio de Pavia de Estelí, et je me dirige vers le pied du volcan du même nom. Je suis arrêté par un jeune Miskitos qui me tend une boite : il m’explique que c’est tout ce qu’il a réussi à sauver des mains des colons (nom donné par les indiens aux pilleurs de leur terre ancestrale). Puis il disparait dans les montagnes aussi rapidement qu’il est apparu.



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Je regarde ce coffret en bois attentivement, le couvercle noir est martelé de petits triangles (représentation typique des volcans nicaraguayens, même reprise sur le drapeau du pays). En son centre, on retrouve des informations comme le fait qu’on a des cigares de type Gran Toro, que c’est une édition limitée Nicaragua. Dans le coin supérieur droit, un autocollant estampillé 10th Anniversary rappelle l’occasion particulière de cette gamme.



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Je fais sauter au couteau cette fichue bandelette fiscale, et par un coulissement du couvercle, je laisse apparaitre les joyaux qui sont un réel plaisir pour les yeux.

Je prends délicatement un des Gran Toro et je l’examine de plus près. La cape est juste parfaite, une belle couleur brun clair, avec des bagues noir, orange, blanc. Ce véritable bijou est parcouru de belles nervures qui, au toucher, se révèlent bien écrasées de manière à ce que la cape enserre parfaitement la poupée.

Je ne reviendrai pas sur la bague classique, mais l’autre porte sur fond noir et écrit en blanc 2013-2023, avec entre les deux dates un grand 10th orange, et dessous sur fond orange on peut lire Anniversary.

Je ne peux que marquer un temps d’arrêt, comme tous les explorateurs avant un moment important, que cela soit Indy, Allan Quatermain ou Benjamin Gates.

Je décroche mon coupe cigare de ma ceinture et je tranche délicatement un morceau de la coiffe de tête. Heureusement, il n’y a pas de pièges et il ne se passe rien, je décide donc de le porter aux lèvres.

Des saveurs de noix grillées, de cèdre et d’épices se dégagent de ma vitole. L’air circule librement.

Il ne m’en faut pas plus pour porter la flamme du briquet vers le pied ; celui-ci s’embrase, ce qui déclenche l’astucieux mécanisme qui libère un beau flot de fumée.

La confirmation des noix grillées arrive rapidement sur mon palais. Elles sont accompagnées de cuir fraichement tanné comme sur la peau d’un tambour lors de sa construction. J’ai également une sensation de cardamone et de genévrier. Le tout est présenté dans un cocon parfaitement équilibré.

Comme tout se passe à merveille, je continue ma découverte plus en profondeur du cœur de ce cigare. J’arrive maintenant comme si je passais un palier invisible : les épices fraiches ont partiellement disparu pour donner place à une importante quantité d’eucalyptus. Cela me fait sourire en pensant au logo sur la boite, fumer tue ; et bien avec celui-ci, je soigne mes bronches. J’ai aussi du chêne, du café crème et du chocolat au lait. Ce contraste de mélange corsé et doux me laisse admiratif tellement c’est bien équilibré et dans une intensité de moyen–fort.



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Il ne m’en faut pas plus pour décider de faire une autre dégustation sur le site sacré de Wéris accompagné d’Aurora, ma correctrice en cheffe.

La combustion est pratiquement parfaite pour un cigare fumé en plein air et par de belles rafales de vent purificatrices.

Je passe maintenant au-delà de l’emplacement de la seconde bague, et je m’éloigne du côté crémeux, voire laiteux, pour me retrouver plongé dans du café strong, du pain toasté et de la fougère.

Il est temps de me dire Waow ! Déguster ce cigare au moment de Lugnasad, la fête des moissons, quel cadeau des Dieux et des Maitres Mélangeurs de la Maison Davidoff !

Les dégustations se sont faites sur 3 Gran Toro de 15.2cm pour un cepo de 56.

Cape : Equateur.

Sous-cape : Jalapa seco (Nicaragua).

Tripe : Esteli seco cask aged (rhum), Esteli Semilla B visus, Esteli Semilla A ligero, Jalapa visus, Condega seco (Nicaragua).

En conclusion : j’arrête de suite les grincheux sur le prix du cigare ; oui ce n’est pas donné, mais on a tout le travail de recherche, d’âge des tabacs, du travail de finition en fût ayant contenu du rhum. Pour ma part, j’ai adoré ces moments de purs plaisirs et je suis déjà certain qu’il sera dans mon top 20 de fin d’année. Un cigare de belle intensité avec des moments de douceur, qui m’a fait voyagé et qui est un moyen approuvé pour fêter les 10 ans d’une gamme : j’adhère pleinement. Donc, comme à l’accoutumée, je vous invite à courir chez votre dealer pour vous faire votre propre opinion. Il n’y en aura pas longtemps car il n’y a que 14.585 boites pour le monde.

Et j’attends vos retours sous cet article, merci d’avance.

Prix au moment de la rédaction : 36 euros.