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Davidoff Master Selection 2012

Davidoff 

Master Selection 2012



Davidoff




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Pendant tout un temps, Davidoff a concurrencé Marvel car il avait aussi leurs supers héros, leurs The Fantastic Four, avec entre autres Eladio Diaz (l’alchimiste) mais aussi Hendrik Kelner, Hamlet Espinal et Manuel Peralta. Chacun avait sa spécification et ses connaissances. Quand en 84, Eladio a rejoint Kelner qui venait de créer Tabadom (la fabrique Davidoff en Rép. dom.), il roulait des cigares depuis 5 ans.

C’est en 1991 que sa carrière a explosé et qu’il est devenu l’alchimiste en accédant au poste de maître mélangeur ; il crée des cigares à partir de tabacs, qui peuvent provenir de n'importe où dans le monde. C'est un peu comme l'alchimie médiévale dans laquelle les praticiens tentaient de créer des métaux précieux à partir de métaux communs. La grande différence c’est que lui, il obtient ainsi un résultat bien supérieur à la somme de leurs composants individuels. Diaz a été intimement impliqué dans la création des mélanges dominicains de Davidoff ; il ne s'est jamais relâché. Winston Churchill, le Millennium Blend de Davidoff, Yamasá et Escurio, et Zino Platinum ne sont que quelques-uns des mélanges sur lesquels Diaz a travaillé au fil des ans.

Son travail consistait aussi à former et à apprendre aux jeunes de Tabadom l'art de l'assemblage afin que l'entreprise reste un leader dans la fabrication de cigares pour les années à venir. Avec tout ce que l’entreprise lui devait, elle avait instauré une tradition : Eladio se roulait un cigare pour son anniversaire, cigare d’exception et souvent avec des tabacs âgés et rares.

Lorsqu’il a pris sa retraite, la tradition s’est perdurée. Chaque année, les membres hautement qualifiés du Davidoff Master Blending Competence Centre se réunissent en République Dominicaine pour célébrer un nouvel anniversaire des cigares Davidoff White Band (Davidoff Aniversario, Davidoff Dominicana, Davidoff Grand Cru, Davidoff Millennium, Davidoff Signature, Davidoff Winston Churchill The Original Series, Davidoff Winston Churchill The Late Hour Series.)

Depuis un moment et avec leur accord, une petite quantité de ces cigares sont mis en vente pour nous permettre de les découvrir et de les apprécier.



Davidoff


Si la version 2014 mettait en avant Julio Ramirez, un des Master Roller, la version 2012 fait connaitre Pedro Pablo Perez, directeur de la production, de la qualité et de l'innovation chez Davidoff. Et c’est sa signature que l’on retrouve sur les 7.000 boites diffusées dans le monde, juste à côté de la numérotation de celles-ci.



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Pour faire ressortir un peu l’aspect à l’ancienne, ils sont fournis sans cellophane dans une boite en bois rustique et tenus en place par un cordon de soie.

J’ai un cigare de type Toro avec une jolie cape parcourue de sublimes nervures : j’ai toujours apprécié ce côté nervure qui donne un aspect vivant à la feuille. Bien évidemment les feuilles doivent être écotées car la nervure centrale est trop épaisse. Trop de gens se plaignent des autres nervures, pourtant, si elles sont bien aplaties (comme c’est très souvent le cas), elles font partie intégrante du cigare.



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Mon cigare est doté de deux bagues, aux couleurs blanc, noir et or. Une classique avec juste Davidoff, Genève & Edition Limitée, et l’autre The Master Selection 2012 avec de nouveau la signature de Pedro.

Donc l’œuvre en noir (le mélange) a été conçue en 2012, l’œuvre en blanc (le roulage) il y a deux ans et l’œuvre en rouge (la distribution) cette année. Je vous laisse le loisir de calculer l’âge des tabacs qui rentrent dans cette pierre philosophale qu’est ce Master Selection.

Un petit moment de contemplation puis je pratique mon rituel de coupe et d’allumage.

A froid, je suis vraiment dans un dominicain et un Davidoff avec cette sensation de basse-cour, de foin sec, de terre grasse et de cèdre.

Une bonne dose de fumée arrive dès le départ ; l’allumage est parfait et le tirage une pure merveille. Je constate directement l’aspect vieux tabacs : pas de piquant désagréable, pas de sensation de minéral qui arrache et pas de senteur d’ammoniac.

Cela est donc de bonne augure pour la suite…

Un léger sel me tapisse les lèvres alors que ma bouche se remplit de fumée accompagnée de saveurs d’amandes. Le premier centimètre me dévoile un cigare puissant mais cela s’estompe rapidement : je pense que les tabacs Yamasá visus de la tripe, qui ont été vieillis en fûts de Bourbon, sont en grande partie rentrés dans la danse et apportent cet apaisement de douceur en injectant une dose de café crème et cela au détriment de la terre grasse et du chêne. Ce qui apporte un équilibre très intéressant.

Tout en continuant ma dégustation, j’ai une touche de vanille qui me titille, vous savez à force de me lire que cela n’est pas une saveur que j’apprécie particulièrement mais à faible dose comme c’est le cas ici cela reste agréable.



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Nous sommes en période de chasse et pourtant le cuir que je ressens n’a rien avoir avec cette période ; il me fait penser au vieux cuir tanné et qui a déjà bien vécu, comme le tambour en peau de chevreuil d’Aurora (le mien en peau de bison). Et il fait son entrée en grandes pompes, tambour battant !

Je ralentis la cadence pour profiter pleinement de ce moment de plénitude et partir à la découverte d’autres saveurs ; mais avant, une petite retro-olfaction pour avoir un cigare légèrement piquant dans les narines. Je ne suis pas au bout de mes surprises puisque ma dégustation prend des airs de poivre blanc enrobé d’une nuance d’agrume acidulé.



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La combustion devient un chouia irrégulier mais cela est minime et elle se régularise d’elle-même. La quantité de fumée est imposante ; c’est dans un brouillard que j’achève ma dégustation et que je vais déposer avec respect le mégot sur la Terre Mère.

Les dégustations de deux modules Toro de 15.2 cm pour un cepo de 52 ont été réalisées pour la rédaction de cet article.

Cape : Equateur

Sous-cape : Hybrid 192 Seco (Rép. dom.)

Tripe : San Vicente Mejorado Visus, Bourbon cask aged Yamasá Visus, Piloto Seco, Hybrid Corojo/Olor Ligero, Dominican Criollo Visus (Rép. dom.)

En conclusion : je pense que la feuille Yamasá a influencé favorablement ma dégustation car si je préfère une vitole plus puissante, l’équilibre apporté par celle-ci m’a scotché. Si j’ai apprécié le 2014, j’ai une petite préférence pour le 2012. D’ailleurs il va falloir que Davidoff arrête de faire d’excellents cigares sinon il va encore avoir des rouspétances quand je vais faire le listing de mes 20 meilleures dégustations de cette année. En attendant, si vous voulez vous faire votre propre avis, je vous invite à vous rendre dans un des magasins Davidoff pour acquérir ce bijou tant qu’il en reste.

Prix au moment de la diffusion : 33 euros.

 

Nous partageons tous quelque chose de vraiment spécial. La joie du plaisir et des choses précieuses. C'est ça, la famille. Pedro Pablo Perez, directeur de la production, de la qualité et de l'innovation.