Laphroaig Cairdeas Friends of Laphroaig 200th Anniversary Edition

Laphroaig 

Cairdeas

Friends of Laphroaig 200th Anniversary Edition



Laphroaig


L’avantage d’avoir quelques amis dans le monde des whiskys c’est qu’ils ont toujours l’art de dénicher de superbes bouteilles et de me faire profiter de leurs connaissances pour déguster, apprécier et partager avec vous.

Ce soir ce fût encore le cas avec cette dégustation avec mon ami Philippe T. et mes premiers mots seront pour l’en remercier.

Je pense que si vous êtes amateurs de whiskys et encore plus des Islay Whiskys vous devez connaitre la marque Laphroaig.

Aujourd’hui, Phil est venu fêter l’amitié (Cairdeas, veut dire amitié en Gaélique écossais) avec une bouteille embouteillée pour commémorer le 200e anniversaire de la célèbre distillerie d'Islay en 2015.

Cela demande quelques explications avant de passer à la dégustation. Avec cette édition spéciale la distillerie a voulu revenir le plus près possible du whisky de départ en 1815, c’est pourquoi le maître distillateur John Campbell n'a utilisé que les deux plus petits et plus anciens alambics pendant la distillation et a utilisé de l'orge maltée au sol à 100 % (provenant d’aire de maltage de la distillerie). Dans les grandes productions, il est pratiquement devenu impossible de faire du maltage au sol mais pour des quantités limitées cela reste une méthode à l’ancienne qui a ses avantages et ses inconvénients.

Il faut pour commencer, de l’orge de grande qualité qu’on va baigner dans des sortes de grands abreuvoirs. La quantité d’orge qu’on va mettre à la fois va dépendre de la capacité du réservoir car l’orge va gonfler et doit donc avoir de la place en suffisance.



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Ensuite il faut un grand espace avec un sol très propre qu’on va généralement recouvrir d’un linge. L’orge va y être étalé sans se chevaucher.



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Commence alors le lourd labeur des ouvriers malteurs, qui vont à l’aide de leurs outils, éviter l’agglomération des grains et un excellent séchage bien dosé, trop sec cela empêcherait la germination, et trop humide cela causerait la perte de l’orge.

Vous vous rendez compte que ce travail à l’ancienne est très éprouvant. D’ailleurs les anciens ouvriers malteurs souffraient d’une maladie typique de leur métier : ils avaient une déformation de la colonne vertébrale qui pouvait les rendre bossus.

Enfin on va augmenter la chaleur de la pièce pour arrêter la germination et commencer le maltage et toujours en retournant les grains et en surveillant de près. (Merci Frédéric M. pour les explications détaillées et les photos).



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Qu’est-ce que la bouteille nous dit d’autres ?

Que la distillerie est toujours fournisseur reconnu de la royauté et cela par le Prince de Galles, cette patente a été rédigée dès l’ouverture de la distillerie, renouvelée en 1994 pour une durée indéterminée.

Que la teneur en alcool est de 51.5%, cela sera à tenir en compte dans la dégustation.

Parlant de de dégustation justement, nous nous servons un verre de 2 cl.

Nez : j’ai les caractéristiques que j’apprécie dans cette marque : fumée lourde, douce et salée à la fois.

Moi qui ne suis pas du tout vanille, ici elle passe bien car malgré sa grande densité elle est enveloppée dans une couche d’iode puissante. Il y a aussi un peu de citron confit et de poivre.

Le taux d’alcool se fait ressentir mais il n’est pas trop vif. 

Bouche : on sent l’alcool accompagné de tourbe (son côté fumé), de la viande grillée au feu de bois, le chêne, le caramel mou, la vanille a une grande place. J’ai aussi l’impression d’avoir un plateau de crustacés en bouche.

La bouteille disait : Le plus richement aromatisé de tous les whiskies écossais, je ne sais pas si c’est le plus de toute l’Ecosse mais en tout cas certainement le plus dans ceux que j’ai dégustés.

Final : une très longue longueur de bouche (qui tient la route avec mon cigare) avec son aspect fumé, malté, vanillé et boisé.

En conclusion : je ne m’étendrai pas sur l’association cigare et whisky puisque celui-ci n’est plus commercialisé chez nous. J’ai un whisky avec une teneur d’alcool assez élevée (51.5%) mais qui semble doux tellement le mélange d’arômes est une réussite. Un breuvage qui n’est pas à consommer quand on a un coup de mou et qu’on veut parler à sa bouteille, prenez le plutôt confortablement installé et accompagné d’une musique agréable. J’ai d’ailleurs fait mes deux autres dégustations avec Vivaldi les 4 saisons dans les oreilles.

Merci encore Phil T. pour cette découverte au top.

Prix au moment de la dégustation : comme elle est pratiquement épuisée, je l’ai vue sur le net entre ± 150 et ± 250 euros.

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