Aging Room Quattro Nicaragua Maestro

Aging Room Quattro

Nicaragua

Maestro



Rafael Nodal


Il arrive parfois qu’un cigare prévu pour le marché américain uniquement débarque en Europe. Pourquoi ? Les raisons sont multiples : le marché a moins bien fonctionné que prévu et on s’ouvre à l’Europe, suite à la hausse de la demande par les européens qui ont vu ce cigare sur les réseaux ou comme dans le cas de ce cigare élu meilleur cigare 2019, nous avons la chance qu’un distributeur se batte pour nous le faire découvrir. Et grâce à de très bons contacts, il a réussi à avoir quelques dizaines de boites pour le Belux. Deux autres pays sont dans le cas, la Suisse et la Hollande.

Donc son origine demande quelques explications.

Son créateur Rafael Nodal (et pas Rafael Nadal, comme j’ai mis pour rire sur Facebook et que seul mon ami Johan D. a remarqué) a fait partie du Mariel boatlift, l’exode cubain de 1980. Il est âgé de 15 ans quand il débarque sur le sol américain et reçoit sa première pomme et son premier coca-cola en guise de bienvenue.

Son parcours ressemble un peu à celui d’Avo Uvezian puisque sa première passion sera la musique avant de se lancer dans les cigares. La musique qui ne le quittera toutefois jamais.

Avec son épouse il fonde la BlendCigars Compagny et fait au départ uniquement des cigares en petites quantités avec des stocks de tabac trouvé à gauche et à droite. Comme la série Aging Room Quattro F55. Dans l'entrepôt de Woermann Cigars, notre distributeur en Allemagne, nous avons eu la chance de découvrir un emballage spécial Sumatra en provenance d'Indonésie. Non seulement l'emballage a été stocké pendant trois ou quatre ans, mais il date de l'année 2003 ! Nous l'avons expérimenté avec succès et l'avons utilisé pour rouler la série Quattro F55. Dès que cette magnifique cape est épuisée, c'est la fin de ce cigare. Ensuite, c'est fini.

Dans le cas de cette gamme Aging Room Quattro, l'épithète Quattro signifie carré, c'est-à-dire box-pressed.

Donc comme vous pouvez le voir la gamme Aging Room se développe dans diverses usines et pays en fonction des envies de son créateur. Pour cette gamme nicaragua c’est vers A.J. Fernandez que Rafael s’est tourné.

Il a soumis sa vision du cigare et A.J a fait le reste.

Il nous a offert à la dégustation un Belicoso Puro Nicaragua.



Rafael Nodal


Le packaging choisi fait la part belle à l’orange avec des inscriptions en doré et noir, on retrouve aussi une large bande rajoutée par la suite signalant que c’est le cigare de l’année 2019 avec un rating de 96, une collaboration de A.J. & Rafael.

Une chose que j’apprécie beaucoup, c’est que sous le nom de la marque on retrouve le nom du créateur sous la forme de By Rafael Nodal. Un peu comme chez Arturo Fuente où on rappelle que le Lost City est by Andy Garcia.

Par ce petit by, je trouve qu’on signale avec diplomatie que R. Nodal n’est pas le responsable des récoltes, de l’usine… mais qu’il est la personne qui a eu la vision de ce cigare.

Je prends donc un premier cigare enveloppé dans sa cellophane, celle-ci est fermée à la base par un autocollant qui signale que j’ai bien le cigare de l’année 2019 en main.



Rafael Nodal


Je retire ma vitole et la regarde de plus près, elle a une cape style maduro avec deux bagues. L’une en noire et argent reprenant la marque, l’autre est de la même couleur que la boite et on y trouve Nicaragua.

Sur la première, il y a deux l’inscription F55N qui attirent mon regard. Le F55 est le premier cigare box pressed sorti sous le nom Aging Room, F55 représente la date à laquelle le mélange a été finalisé. Le F signifie février et le 55 représente le jour de l'année (qui se traduirait par le 24 février).

Ce cigare est donc F55N car il symbolise le box pressed de la gamme, il a les mêmes dimensions que le tout premier F55 et il est fait au Nicaragua.

Je me décide de pratiquer un coupe moyenne, pas trop petite pour un bon tirage et pas non plus trop grande pour ne pas gâcher l’effet Torpedo.

A cru, l’air passe subtilement bien et j’ai des saveurs de bois, caramel et poivre noir

Show must go on, je craque une allumette et l’approche du pied de cette découverte qui j’espère répondra à mes attentes. Celui-ci s’embrase directement et correctement.

Dès ce moment un peu hors du temps, la fumée fait son apparition en charriant avec elle des sensations de café strong, du chocolat noir, du poivre rouge, de la terre grasse.

Je suis emporté dans ce flot de fumée avec ces aromes que j’affectionne particulièrement, et il ne m’en faut pas plus pour voyager hors de ce monde de la nécessité. C’est le seul moment appréciable dans cette situation de crise sanitaire, car je pense franchement que cette découverte doit se faire dans un moment de calme et de pur plaisir.

Pendant que je m’évade, mon cigare m’apporte des saveurs de caramel sucré, d’amandes (il me manque les glaçons pour avoir un Amaretto).

Pour la petite histoire, Rafael toujours passionné de musique, a donné beaucoup de nom en rapport au monde de la musique à ses cigares, et pour ce Quattro, il le qualifie de musique dynamique.



Rafael Nodal


La cendre a une couleur gris blanche et la combustion est presque parfaite car elle se stabilise d’elle-même ce qui donne d’ailleurs un drôle d’aspect tordu à celle-ci.

Vers le milieu le poivre rouge tire sa révérence pour donner les pleins pouvoirs à Monsieur Chêne, au chocolat et à la terre. Mais il ne part pas bien loin puisqu’en arrière-goût on ressent sa présence teintée de blanc, cette fois.

Plus tard, il reviendra me titiller entrainant avec lui une pointe de cèdre.

Mais malheureusement les bonnes choses ont toujours une fin, et je me sens insupportablement happé vers la vie du monde de la nécessité.

J’ai fait 3 dégustations avant la réalisation de cet article de ce cigare Belicoso du cepo de 52 pour 15.24 cm.

Comme je vous l’ai expliqué, Rafael Nodal a l’art de dénicher des tabacs particuliers donc avec A.J. ils ont décidé de garder la composition secrète. En affirmant toutefois qu’il s’agit bien d’un puros nicaraguayen.

Je me suis laissé dire que la cape serait issue d’une graine de Sumatra plantée au Nica, mais je n’en ai nullement la confirmation.

En conclusion : vous savez que je suis un fervent défenseur des cigares bons du début à la fin mais j’ai vraiment apprécié ce va-et-vient dans les saveurs.

Je pense qu’un rating de 96 est assez rare et je comprends pourquoi ils en sont fiers et le rappelle énormément surtout que le marché u.s. est friand de ces classements.

Mon petit doigt m’a appris que vu la vitesse à laquelle les quelques boites se sont écoulées, nous aurions très bientôt cette gamme en deux autres modules sur notre marché. Hâte de les découvrir

En attendant j’ai encore 3 Maestro dans mes humidors

Prix au moment de la rédaction : 13.5 euros

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