Camacho Nicaragua Robusto, Toro & Gran Churchill

Camacho 

Nicaragua

Robusto, Toro & Gran Churchill



Camacho


La marque au scorpion nous présente un nouveau cigare en 3 modules : Robusto, Toro et Gran Churchill (nouveauté pour la marque).

Voici donc une gamme supplémentaire dans la famille Camacho Core (aussi appelée THE BOLD SMOKES ou chez nous la gamme classique.)

Je ferai un article groupé pour les 3 modules, puisque mis à part le temps de dégustation, je n’ai pas ressenti une quelconque modification qui mérite un article supplémentaire.



Camacho


J’ai dans la main une cape bien construite avec très peu (voire même pas du tout) de nervures. Comme on est dans la marque du scorpion, celle-ci est décorée d’une bague imposante de couleur orange foncé pour ne pas confondre avec la version Connecticut.

On y retrouve : Tristement célèbre depuis 1962, Camacho en grandes lettres, Nicaragua en plus petit, le logo du scorpion, et le tout entouré des bandes noires de la marque. En bout de bague un rappel de la gamme Bold et sur sa face intérieure de nouveau le scorpion.

Pour information : à l’exception de Nicaragua, tout le reste est le design adapté par la marque pour rappeler l’héritage emblématique et sa philosophie moderne de la concurrence agressive.

Ah un cigare du Nicaragua, je sens que je vais me régaler… première déception, une seule feuille de la tripe vient du Nicaragua peut être un peu juste pour lui donner un nom de gamme ? Alors est-il à classer avec les Avo Nicaragua et le Davidoff Nicaragua ou plutôt avec les Griffin’s et Cusano Nicaragua ? Wait and see, car avant de juger il faut goûter.

Je coupe donc un petit morceau de la tête de mon cigare et pratique un tirage à froid, j’ai un bon passage de l’air ainsi que déjà des saveurs sucrées, boisées et une pointe de poivre blanc. Cela se présente déjà bien…

La décapitation de ma vitole la transforme en cheminée de tirage et lorsque j’approche la flamme de son pied, une synergie s’installe automatiquement entre mon aspiration et le feu. La flamme augmente au point d’embraser mon cigare, la fumée se crée et elle entraine avec elle le flot des saveurs pour venir remplir ma bouche de façon très équilibrée et agréable.



Camacho


Tubalcain actionne le soufflet et brise les chaines du chêne, du poivre blanc et de la terre glaise qui arrivent les premiers au palais. Ils seront suivis rapidement par le chocolat au lait, le caramel sucré et une pointe de crème qui enveloppera le tout.

Le tout dans une harmonie proche de la perfection. Ma dégustation est gouteuse et d’une intensité de moyen. Je continue mon aventure pour partir à la découverte d’autres sensations, d’autres saveurs et toujours à la recherche du poivre noir ou rouge.

Mais c’est la cannelle qui arrive ainsi que les noisettes. A ce stade (± la moitié) je suis étonné du travail qu’il y a dû avoir derrière sa confection pour arriver à un tel degré d’harmonisation dans les saveurs. Je déguste quand même un cigare fait à partir de 6 terroirs différents et en plus de 4 pays.



Camacho


Cet équilibre on le retrouve également dans la cendre qui est blanche légèrement grisée et qui est très compacte. D’après la fiche technique en ma possession, cette pureté d’équilibre est en partie provoquée par le tabac Generoso du Honduras. Qu’est-ce que ce tabac ?

Ce tabac rare se trouve dans la vallée de Jamastrán au Honduras, la plantation a commencé en 2007. Pour comprendre le nom qu’il lui a été donné il faut reprendre la genèse de Camacho. Quand la famille Eiroa rachète, aux héritiers de Simon Camacho, la marque, la première chose qu’ils font c’est de sortir les tabacs du Nicaragua pour les planter au Honduras. Plus tard même s’ils revendent à leur tour la marque à la Maison Davidoff, ils restent en grandes parties propriétaires des champs et cultures de tabacs. Generoso est l’illustre ancêtre du propriétaire actuel. Il a quitté l’Espagne en 1917 pour tenter sa chance dans le tabac à Cuba.

Pendant ce temps, mon cigare a pris une note un peu plus corsée (enfin je ne dirais pas que cela me manquait mais j’étais toujours en attente du Nicaragua), je suis en présence d’un poivre qui a viré au rouge car il est bien installé et je pense qu’il ne sera plus détrôné.

J’ai aussi toujours cette sensation de caramel mou sucré et de cannelle avec parfois une sensation de viande grillée.

Mes dégustations se sont portées sur le Robusto de 12.7 cm pour un cepo de 52, le Toro de 15.2 cm et cepo de 50 et enfin le Gran Churchill de 17.7 cm pour un cepo de 56. Si je ne devais en garder qu’un dans la gamme cela serait le Gran Churchill, ceux qui me suivent et me connaissent, savent que je peux téter sur un cigare et bien avec celui-là j’ai été plus longtemps que la longueur d’un match de football.

Le Camacho Nicaragua possède :

Cape : Equateur

Sous-cape : Corojo Seco (Honduras)

Tripe : Esteli Ligero (Nicaragua), Corojo Seco et Generoso Ligero (Honduras), San Vicente Volado (République dominicaine)

En conclusion : je m’étais posé une question dans le classement des produits Nicaragua au début de cet article. Je dirais que je le place entre les deux catégories, il n’est pas aussi Nica que l’Avo ou le Davidoff mais il l’est plus que le Cusano ou le Griffin’s.

Je me pose juste la question pourquoi Nicaragua ? N’en déplaise à Lana Fraser, responsable du marketing pour Davidoff America, qui disait dans un communiqué de presse : le Camacho Nicaragua est destiné au fumeur de cigare qui recherche la saveur distinctive du Nicaragua, je ne peux pas être d’accord avec cela. Attention comprenons-nous bien, si ce cigare se retrouve sur le site Les Passions de Ker Mc Gwalch c’est que je l’ai apprécié sinon il n’y aurait pas sa place, non seulement apprécié mais je le reprendrai volontiers. Mais je pense que le nom Nicaragua a quand même un petit côté marketing vu l’ampleur que prennent les tabacs de cette région.

J’ai dégusté 4 cigares de cette gamme et j’ai toujours eu des cigares bien construits, passé un moment agréable que ce soit avec de l’eau, de la Karmeliet ou du Cabernet Sauvignon. La palette des saveurs est assez étoffée si on prend la peine de décortiquer ne fut-ce que la zone épicée et la puissance sur la longueur est plus moyen-corsé que moyen. Ils ne vous restent plus qu’à faire votre propre impression et d’avoir l’amabilité de m’envoyer vos retours sous cet article si vous en avez l’envie.

Prix d’achat au moment de la rédaction : Robusto 9 euros, Toro 10 et Gran Churchill 11. Ce qui sont des prix plus que corrects pour des bons cigares.

Commentaires