Alec Bradley Gatekeeper Toro & Robusto

 Alec Bradley

Gatekeeper

Toro & Robusto



Gatekeeper


Depuis un moment, un vent nouveau souffle sur l’entreprise des cigares, celui de la nouvelle génération. Je ne parle pas d’un passage de flambeau au premier sens du terme mais des jeunes entrepreneurs qui veulent marquer leurs empreintes dans ce monde des vitoles. Alec Bradley Cigar Co. n’échappe pas à la règle puisque en 2019 les frères Alec & Bradley Rubin sortent leur deuxième cigare au nom de Gatekeeper.


Gatekeeper


Des gardiens de la porte, on en trouve dans les milieux informatiques (comme sur Mac, le logiciel qui bloque certaines applications se nomme gatekeeper), maçonniques (comme le frère couvreur), journalistiques (qui filtrent les informations à diffuser au grand public) mais je ne vois pas le rapport avec le cigare que je m’apprête à déguster.

Avant de vous en dire plus, vous devez savoir que les deux frères ont travaillé avec Ernesto Perez-Carrillo Jr pour l’élaboration de ce cigare.

C’est donc Alec Rubin qui nous donne l’explication sur le choix dans ce nom dans un communiqué de presse : Travailler avec Ernesto ouvre de nouvelles portes pour Bradley et moi, Ernesto est un gardien de nouvelles opportunités et expériences pour nous - d'où le nom Gatekeeper.

Si la gamme est sortie en quatre modules, les distributeurs belges en ont sélectionné deux (pour le moment) le Robusto et le Toro.



Gatekeeper


Je ne m’attarderai pas trop sur la boite, car avec ces idioties de warning, la boite belge est loin du bijou des States que vous pouvez admirer ci-dessus.

Mais une fois n’est pas coutume, je vais vous donner mes explications sur les deux bagues à ce moment car elles sont interpellantes.



Gatekeeper


Elles sont de couleurs gris, noir et or. La principale reprend sur le côté : Alec & Bradley, on est bien nouvelle génération, fini le célèbre AB de la marque, on peut également y lire le nom de la gamme Gatekeeper. Au centre, une représentation d’œuvre d’art de l’ère gothique, la main de Persée qui brandit la tête de la Médusa (la Gorgone). Je m’interroge toujours sur ce choix car ok, on peut considérer la gorgone comme gardienne du royaume des morts et qu’elle en interdisait la porte aux vivants mais pourquoi la représenter décapitée dans ce cas ? Si un spécialiste en mythologie grecque aurait un éclaircissement je suis preneur.

La seconde reprend de nouveau le nom Gatekeeper. Double emploi donc ? Je dirais que non car cette fois le nom est de face et en plus il y a eu une erreur du casting de la part de l’infographiste car le nom sur la première bague est partiellement caché lorsque celle-ci est collée.

Et c'est parti pour… Non je ne vais pas vous chanter le tube de Nâdiya, je voulais parler de la dégustation.



Gatekeeper


J’ai une cape presque pas nervurée et légèrement huileuse. Après le rituel de la coupe qui me donne des preuves de très bon tirage, et des saveurs de poivre noir, de bois détrempé. Un rituel en chasse l’autre, l’allumage est parfait, la fumée déjà bien abondante et je suis dans une senteur de feux de bois qu’on allume avec de l’écorce de bouleau, accompagné de poivre noir et de paprika qui prend un peu aux narines. Un léger picotement se fait sentir sur le côté de la langue.

Une fois dépassé le premier centimètre, le cigare s’adoucit avec un côté plus, oui plus quoi au fait. Mes rouages de la case souvenir s’activent et je me retrouve devant une assiette de pancakes juste sorti de la poêle.

La fumée est toujours bien présente et la combustion semble pratiquement parfaite.

Ma dégustation me renvoie dans une chênaie où on aurait planté quelques érables ici par là. L’espace d’un moment, j’ai même la sensation de sentir l’If et la menthe mais cela est tellement furtif que si je n’avais pas fumé 3 exemplaires de ces cigares j’aurais cru rêver.

Vers la fin, mes dégustations s’orientent plus vers des saveurs fumées, grillées, une sensation de rugosité qui pourrait en décourager certains mais qui donne aussi au cigare un certain coffre.

Pas de décollage avec cette gamme mais un bon moment de plaisir et c’est le principal.

Les cigares d’Alec et Bradley sont fabriqué avec :

Cape : Equateur

Sous-cape : Nicaragua

Tripe : République dominicaine, Nicaragua

Le Robusto fait 12.7 cm pour un cepo de 50 alors que le Toro fait 15.24 cm pour un cepo de 52

En conclusion : un cigare qui a une dose de nicotine assez élevée même si parfois elle est camouflée. Il a une intensité en yoyo on démarre à fort pour passer à moyen-fort et revenir à moyen-Fort (très proche du fort). Voilà un cigare qui n’est ni d’apéritif, ni à prendre à jeun. Même si la palette des saveurs est assez restreinte, j’ai pris un long moment de plaisir avec ces dégustations.

Prix au moment de la rédaction : Robusto 10.50 euros, Toro 11.50

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