CAT El Coyote

CAT

El Coyote

Intenso Robusto Toro Grande



CAT


Vous connaissez surement A. Dumas, il revient souvent dans le monde des cigares,  surtout avec Le Comte de Monte-Cristo. Pourtant, ce soir je parlerai Des Trois Mousquetaires.

Le premier, Philippe Van Wilderode, c’est l’homme du terrain qui voyage perpétuellement entre la Belgique et le Luxembourg pour faire connaitre de nouveaux cigares, pour continuer le suivi des marques déjà bien établies dans les pays ou simplement pour partager avec des amis. Avec sa connaissance du terrain, il a voulu créer un cigare avec du goût et un prix raisonnable.

Le second, Marc d’Argembeau, fondateur de CAT (Central American Trading), une société d’importation et de distribution de cigares Premium faits main, pour la Belgique et le Luxembourg. Comme Marc est dans le métier depuis 2001, il connait beaucoup de monde ; donc quand Philippe lui a parlé de son idée, il a de suite pensé à un ami de longue date avec qui il aimerait faire un cigare.

Et enfin le troisième, Abe Flores, de PDR Cigars, connu comme un maitre assembleur de grande renommée.

Après deux années de travail intense, les trois compères se sont mis d’accord sur 3 modules : Intenso, Robusto et Toro Grande faits à partir de 3 terroirs.

Si vous vous y connaissez un peu en symbolique, le nombre sacré trois représente la stabilité parfaite, la base de la pyramide. Il évoque aussi la plénitude.

Ils ont leur cigare, mais il lui faut un nom... Là encore, Marc va très vite réagir en disant à Phil : El Coyote, puisque tu as eu l’idée de faire ce cigare et que tes amis t’appellent ainsi.

Je parie qu’à ce stade, vous vous dites mais qu’est-ce qu’Alexandre D. et ses trois mousquetaires viennent faire là-dedans ? J’y arrive... Vous savez qu’ils étaient accompagnés du célèbre d’Artagnan avec qui ils formaient un quatuor, et bien les 3 hommes à la manœuvre ont fait appel à un 4ème personnage (et 3ème belge) pour le packaging : Graphmoska, société publicitaire, et son patron Raphaël. Avec un briefing très précis. Il a quand même amené le projet à une boite qui attire le regard et une bague sobre avec une pointe d'humour pour amener sa touche de créativité. Au premier regard, elle m'a fait penser aux films Qui veut la peau de Roger Rabbit ou Les Incorruptibles.

Ces cigares ont un peu été notre cadeau de fin d’année, puisqu’avant de s’ouvrir vers d’autres marchés, ils sont arrivés en exclusivité au Belux, un peu avant les fêtes de fin d’année 2019.

Avant de passer à la dégustation, permettez-moi de vous expliquer pourquoi j’ai fait un article groupé. Par ce que comme de nombreux cigares actuels et bien faits, je trouve personnellement que les grandes différences dans les 3 modules se marquent uniquement dans la durée de dégustation et dans la puissance.


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C’est en rentrant de Dortmund que j’ai dégusté mon premier El Coyote Robusto (mais comme mon ami Phil est un peu perfectionniste, il m’avait demandé d’attendre qu’ils soient sur le marché avant d’en parler).



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J’ai une cape de qualité avec de belles nervures: elle est assez grasse au toucher. Elle est décorée d’une bague aux couleurs  or, gris et noir, qui reprend le nom El Coyote, et la tête d’un fumeur de cigare. Celle-ci nous montre un fumeur qui prend du plaisir, il dégage de la classe avec sa chemise aux boutons de manchette imposants et son chapeau. Je pense que cela reflète bien la pensée des trois créateurs : un cigare qui a du goût, donne du plaisir, et qui est bien construit.

Je coupe un morceau de la tête de ma vitole et j’aspire quelques bouffées : l’air passe parfaitement, cela me rappelle mes promenades pédestres dans les Fagnes, avec sa terre grasse, ses marécages, sa tourbe…
Je craque l’allumette et l’approche du pied de ma vitole, le pied s’embrase de manière naturelle, sans accroc. Dès les premières bouffées, le flot de fumée est bon, et la combustion s’annonce parfaite. Ma dégustation a un démarrage en douceur avec un léger poivre blanc, un soupçon d’amande douce.


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Un très léger décalage dans la combustion fait son apparition (pas de panique, il va très vite se régulariser de lui-même) alors que la cendre est très claire. Vous savez ce qu’on dit : cendre claire signe d’un cigare équilibré.
La vitole que j’ai entre les mains monte lentement en vigueur toute en restant dans une catégorie moyenne. Le poivre blanc est toujours présent, un peu de cannelle et de noisette complète le tableau.
Au niveau construction, la combustion et le tirage sont parfaits, le flot de fumée est de bonne quantité.
Je passe un agréable moment avec ce El Coyote Robusto et au moment de la dégustation je suis impatient de le retrouver dans mes civettes.

Je devrai attendre quelques mois avant de pouvoir tester à leur tour le Intenso et le Toro Grande.
Comme dit précédemment, ces deux modules sont aussi de parfaite construction avec une combustion de haut niveau et un tirage juste et parfait.

Le Intenso va m’apporter une petite augmentation de puissance en restant toujours dans la moyenne. Je vais le reprendre une x ème fois et suivre les conseils de mon ami Mark Loos et le puncher.

Le Toro Grande plus aéré va me donner un plus grand flot de fumée. C’est celui que je prendrai volontiers pour m’évader.


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J'ai accompagné mes dégustations d'une bière Julius, d'un café, d'eau et aussi d'un gin Luperia. L'association a chaque fois été une réussite, aussi bien avec l'amertume de la bière qu'avec les agrumes du gin.

Mes dégustations ont porté sur 3 Robusto, un cigare de 13.97 cm pour un cepo de 54. 2 Intenso, de 12.06 cm pour un cepo de 50 et 2 Toro Grande, de 15.24 cm pour un cepo de 58

Cape : Equateur
Sous-cape : Jalapa (Nicaragua)
Tripe : Seco Viso (Estelí), Ligero Condega (Estelí) donc une tripe 100% Estelí (Nicaragua)

En conclusion : je pense sincèrement que c’est un pari tenu pour ce cigare. Cela devient tellement rare qu’il faut le souligner, les bagues sont correctement collées : sur mes 7 dégustations, aucune cape n’a souffert de l’enlèvement de la bague! Ces cigares sont de superbe construction. Même si la palette des saveurs n’a pas un large spectre, il a du goût du début à la fin. Il est rassasiant et je n’ai jamais eu envie d’en refumer un de suite dans la foulée.
L’idée de Phil était aussi un prix raisonnable et, là aussi, pari tenu: le Robusto (7.50 euros), Intenso (6.80) et le Toro Grande (8.20)
Je terminerai par un peu de chauvinisme... Je suis fier des Belges dans le monde des cigares et je ne peux que l’être une nouvelle fois avec ces dégustations.
Je vous suggère de foncer dans votre civette pour vous en faire votre propre idée.

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