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Jean Esch



Pour commencer ce nouveau libellé : Amis, épicuriens, artisans et grands amateurs, j’ai fait appel à mon ami Jean. 





C’est par un groupe d’amateurs de cigares que j’ai fait sa connaissance, il se fait qu’il était justement en Belgique et même mieux à Liège pour un stage, et que j’ai eu l’occasion de le recevoir chez moi et de le rencontrer à plusieurs reprises pour partager nos impressions sur un cigare et/ou un whisky. Ce qui m’a frappé chez Jean, c’est sa maturité. Malgré le fait qu’on puisse le classer dans la catégorie jeune homme, il sait très bien déjà où il veut aller et surtout il place déjà toutes les chances de son côté pour le faire. Les partages avec lui sont devenus rapidement des moments privilégiés de pur bonheur. Cela a démontré que dans le monde des épicuriens, il y a pas de barrière d’âge ni de frontière. Depuis, il est rentré un moment en France avant son envolée pour l’Irlande.





J’ai eu la joie de le revoir il y a pas si longtemps lors d’une visite du trio les mousquetaires (Jean-Emmanuel-Katy) à Liège, un peu avant son départ pour Dublin.


Il s’est donc livré pour vous aux traditionnelles questions/réponses.

Avant tout, merci beaucoup Patrick de me faire l’honneur de cette interview.

1.    Comme étudiant, peux-tu me parler brièvement de tes études, tes projets, que fais-tu au juste ?
Après le bac, je me suis lancé dans des études de commerce international au sein du programme CESEM de la Neoma Business School – Campus de Reims. Ce programme prévoit pour ses étudiants 2 années en France et 2 années à l’étranger et leur confère un double-diplôme à l’issue de ces 4 ans : celui du CESEM et celui de l’université partenaire. Grâce à de bonnes notes au concours d’entrée, j’ai pu intégrer le cycle franco-irlandais de ce programme. Tout s’est très bien passé jusque là, étant actuellement en 3e année à la Dublin City University.

J’ai plusieurs projets importants en tête. Ils sont la raison pour laquelle je me lève tous les jours et que je m’efforce à bien travailler. Le premier, à court terme, est de valider mes deux années restantes sans redoublement.
Le deuxième, à moyen-terme, est la préparation d’un tour du monde sur une durée de 1 an, durant la période 2018-2019. Mon meilleur ami et moi voulons partir en sac en dos afin de découvrir les merveilles de la Terre et ses habitants, avant de se lancer dans la vie professionnelle. Cela demande une préparation titanesque, mais nous sommes un binôme déterminé et complémentaire.
Enfin, j’ai un projet plus important sur le long terme, celui que je qualifierais même comme « le projet de ma vie ». Il s’agit de reprendre l’entreprise de mon père, qui est joaillier à son compte depuis 22 ans avec 3 boutiques existantes : 2 boutiques Emmanuel Esch (Metz et Luxembourg) où sont commercialisées ses créations, et 1 boutique Le Magicien d’Or (Boulay), distributeur de diverses marques de bijoux, montres et fantaisie… L’idée est d’étendre ces deux réseaux, en ouvrant d’autres boutiques Emmanuel Esch dans le monde, et de créer une chaine pour le Magicien d’Or.


2.    Comment t’es venue l’idée de fumer le cigare et depuis quand ?

J’ai fumé mon premier cigare à l’âge de 15-16 ans, en compagnie de mon père. J’ai eu la chance d’avoir une éducation basée sur la confiance et la culture du goût. Mon père ne m’a jamais empêché de goûter quoi que ce soit, que ce soit pour l’alcool ou le tabac, partant du principe qu’il valait mieux que tout ça soit encadré, plutôt que je me bourre la gueule en douce avec les copains ou que je fume en cachette. Il a eu raison, aujourd’hui je peux clamer fièrement que je n’ai jamais touché à la drogue, malgré de nombreux potes s’étant mis au défi d’arriver à me faire essayer. J’ai fumé le cigarillo pendant pratiquement 2 ans, d’abord de manière exceptionnelle puis de manière très régulière. J’ai arrêté il y a un peu plus d’un an. Je toussais toutes les nuits, et aucun sirop ne faisait effet. La toux s’en est allée en même temps que j’ai arrêté. A la place, je me suis mis à fumer le cigare de manière pratiquement quotidienne, et je suis toujours dans ce mode là.


3.    De nos jours entre les lourds, les carrément grossiers, il n’est pas trop compliqué pour un jeune de vivre sa passion ?

Pour être honnête, cela n’a pas été toujours évident. Le cigare, malheureusement, souffre encore du cliché de « l’accessoire » du riche, patron, capitaliste, malhonnête… Certaines personnes alimentent ce cliché, il est vrai, mais pour connaître de nombreux fumeurs de cigares, il y a très peu de gens comme ça. Au contraire, ce sont souvent des épicuriens dont la passion se traduit par une certaine ouverture d’esprit (ça n’empêche pas qu’il y a quand même de sacrés connards…). De nombreuses personnes sont incapables de voir plus loin que le bout de leur nez, et si je fume un cigare dans la rue, en me baladant 10 minutes, je suis pratiquement sûr d’entendre des remarques désagréables. C’est très contraignant et le bon moment se transforme rapidement en mauvais. J’ai donc développé une nouvelle technique : je me mets dans ma bulle et j’ignore les autres. Ça fonctionne très bien !
En fumant le cigare, j’affirme aussi ma différence avec la plupart des personnes de mon âge. Dans un contexte d’école de commerce où tout le monde (ou presque) est dans une course à la popularité, cela fait tache d’être différent. J’essaye d’en faire ma force. Et peu importe si certains se moquent de moi dans mon dos, cela ne fait aucune différence chez mes vrais amis, et c’est ça le plus important.

4.    Quel(s) est ton ou tes cigare(s) préféré(s) ?

Hoyo De Monterrey Epicure Especial (bien que je trouve qu’il baisse en qualité depuis quelques mois), H.Upmann Magnum 50, Montecristo Double Edmundo, RyJ Wide Churchill, Partagas Lusitania, Bolivar Libertador (EL Casa del Habano), Cohiba Siglo VI…


5.    En deux-trois mots, comment te qualifierais-tu en mariant ton travail et tes passions ?

Comme un équilibriste. Chaque moment où je lève le pied – que ce soit pour prendre le temps de fumer un cigare, ou bien faire une autre activité… - est un moment où je ne suis pas en train de travailler. Heureusement que je prends des moments pour souffler, c’est vital... Il faut juste veiller à ne pas en abuser pour ne pas se péter la gueule…


6.    Tu es pour le moment en Irlande, que peux-tu me dire sur leur whiskey et sur leurs bières ?

Ayant fait un essai sur l’histoire du whiskey irlandais l’année dernière, je sais qu’ils sont plutôt doux et fruités en règle générale.




J’ai pu visiter la distillerie Teeling à Dublin il y a deux mois - j’adore leur Single Malt d’ailleurs -, ce fut super intéressant, mais je n’ai pas eu l’occasion de faire grand chose d’autre.

Concernant la bière, quand on pense à l’Irlande, on pense forcément à la Guinness. C’est spécial au début, mais au bout de quelques unes, on l’apprécie… Ce qui est étonnant par contre, c’est de voir autant d’Irlandais détester la Guinness. Je me demande de plus en plus si l’équation « Irlande = Guinness » n’est pas un cliché alimenté pour les touristes. Après ils ont d’autres bières… J’ai pu gouter par exemple la Galway Hooker, que je n’ai pas aimée car trop fruitée. Mais on y trouve aussi de nombreuses bières commercialisées chez nous… J’ai trouvé un bon plan avec la Carlsberg, donc j’y reste ! 



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