Accéder au contenu principal

Dégustation : AVO Expresivo — Le nouveau cigare sub-premium qui incarne le renouveau d'AVO

Dégustation : AVO Expresivo — Le nouveau cigare sub-premium qui incarne le renouveau d'AVO

AVO Expresivo

Formats : Churchill, Toro & Robusto (parejo)



Avo


Il y a tout juste un siècle, une famille de musiciens de Beyrouth, au Liban, voyait naître un garçon nommé Avo. Très vite, l'enfant emboîte le pas à ses parents et devient un pianiste de renom. Sa réputation grandissante le mène à se produire à travers tout le Moyen-Orient, de l'Irak jusqu'en Iran, où il devient le pianiste officiel du Shah. C'est ce dernier qui facilitera le départ d'Avo pour les États-Unis, où il débarque en 1947.

Mais très vite, la guerre de Corée éclate et le jeune homme est enrôlé dans l'infanterie américaine. Une fois de plus, ses talents artistiques vont lui sauver la mise : lors de sa formation militaire à Fort Dix, dans le New Jersey, des officiers repèrent sa musicalité et sa maîtrise de plusieurs langues. Ils le font muter dans l'orchestre de la Première Armée (First Army Band), lui évitant ainsi le départ pour le front. 

Démobilisé en 1952, Avo met un temps le piano de côté pour travailler dans la joaillerie auprès de son beau-père. Mais l'appel de la musique ne tarde pas à se faire entendre. Lors d'un voyage d'affaires à Porto Rico, il décroche un contrat de pianiste dans un hôtel local : la musique ne le quittera plus.

Rencontre avec Sinatra

Au début des années 1960, Avo croise la route de Frank Sinatra. Selon la légende, Avo lui présente en 1966 l'une de ses compositions intitulée Broken Guitar. La suite appartient à l'histoire de la musique : Sinatra adore la mélodie, mais rejette le titre ainsi que les paroles écrites par un ami d'Avo. 

Parallèlement, Avo avait transmis cette même mélodie à son ami allemand Bert Kaempfert afin d'obtenir son avis ou de faire publier le morceau. A cette époque, Avo est avant tout un interprète et un musicien passionné : sa trop grande confiance et l'absence de dépôt légal formel lui joueront un bien mauvais tour, une blessure qui le marquera profondément. NDA : Cette anecdote est rapportée telle qu'Avo la racontait de son vivant. Sur le plan légal, il n'existe aucune preuve formelle pour étayer ces faits.

Nouvelle vie & cigares

NDA : Ici encore, les récits divergent selon les sources, mais j'ai fait le choix de retenir la version la plus répandue.

En 1974, Avo se produit au bar du complexe hôtelier Palmas del Mar, à Porto Rico. 



Avo


Il prend l'habitude d'y acheter quelques cigares et de les poser sur son piano pour les offrir à ses clients. Les vacanciers américains apprécient particulièrement cette attention et commencent à lui en demander régulièrement. Saisissant l'opportunité au vol, Avo décide d'en commercialiser quelques-uns, tout en trouvant que ces cigares manquent cruellement de qualité.

Comme rien n'arrive par hasard, un ami lui conseille de se rendre en République dominicaine afin d'y fabriquer ses propres vitoles — ou du moins de trouver la personne capable de les confectionner selon ses exigences. Après deux années de recherches et de prises de contacts, il rencontre le grand maître assembleur de la République dominicaine : M. Hendrik « Henke » Kelner.

Les discussions s'engagent, les tests s'enchaînent, et les premiers cigares voient le jour sous le nom de Bolero.

Repères chronologiques : la saga AVO

  • 1987 : Confection des premiers cigares par Hendrik Kelner et premières ventes sous la marque Bolero.
  • 1987-1988 : Présentation et mise en vente des cigares réinventés sous le nom AVO, en exclusivité dans la boutique Davidoff de New York.
  • 1988 : Lancement officiel de la marque AVO aux États-Unis et début du partenariat de distribution avec Davidoff.
  • 1995 : Davidoff acquiert officiellement l'ensemble des droits de distribution mondiaux de la marque AVO.

Qu’est-ce qu’un cigare « Sub-Premium » ?

Pour célébrer cet anniversaire, Davidoff lance un cigare positionné sur le segment Sub-Premium

Un éclaircissement s'impose : qu'entend-on exactement par « sub-premium » ? Il s'agit tout simplement d'un cigare premium (entièrement fait main avec du tabac en feuilles entières) proposé à un tarif nettement plus accessible. Pour maintenir ce prix contenu, hors de question de rogner sur la qualité d'assemblage ou de confection — sans quoi le cigare perdrait sa qualification de premium.

Alors, où se font les ajustements ? Plusieurs leviers permettent de réduire les coûts sans sacrifier le plaisir de dégustation :

  • La sélection des tabacs : l'utilisation de très belles feuilles de tabac, sans pour autant recourir à des récoltes rares, expérimentales ou d'exception.
  • Le temps de maturation : un temps de vieillissement des feuilles légèrement plus court.
  • Le conditionnement et l'habillage : l'abandon des coffrets en bois précieux travaillés au profit d'un packaging plus épuré, voire de boîtes en carton élégantes mais économiques.

C’est fort de ce concept que Davidoff propose, sur les marchés luxembourgeois et français, la gamme AVO Expresivo, déclinée en trois vitoles classiques : Churchill, Toro et Robusto en format parejo.

Mais avant de vous livrer mes impressions, une mise en garde s'impose — tout particulièrement aux amateurs habituels de la marque : pour cette édition, Davidoff a fait le choix de quitter les terres dominicaines pour assembler des tabacs venus du Honduras, du Nicaragua et d'Équateur. Attendez-vous donc à une puissance et une palette aromatique au moins un cran au-dessus de la douceur traditionnelle signée AVO.



Avo


A l'œil, la cape fait preuve d'une belle élasticité sous la pression. Elle offre un toucher soyeux, de superbes reflets ainsi que des nervures parfaitement affinées et bien écrasées.



Avo


La vitole est habillée de deux bagues où dominent le rouge et l'or. La bague principale, positionnée vers la tête, arbore en son centre le logo emblématique d'AVO. La seconde bague indique le nom de la gamme ainsi que le module — une attention très rare pour mériter d'être soulignée chez ce fabricant. Le reste de l'habillage reprend le motif d'une étincelle, également décliné sur la boîte, comme une invitation à « briller plus fort ».

Pendant des décennies, l'image des cigares AVO est restée intimement liée au profil de musicien de leur fondateur. Aujourd'hui, la marque explore une autre facette du personnage : Avo Uvezian était un homme charismatique qui captivait l'assemblée dès qu'il entrait dans une pièce. Il incarnait des valeurs fortes : la passion, le sens du partage et une authenticité profonde. C'est tout l'esprit de ces nouvelles lignes AVO : une invitation à vivre plus intensément, à aimer plus profondément et à briller plus fort (Burn Brighter).

Après un dernier instant de contemplation, je coupe franchement la tête de mon cigare d'un geste vif.

La Dégustation : A cru et à l'allumage

A cru, le tirage se révèle idéal — fluide sans être un tuyau vide. Les arômes à froid laissent deviner des notes de poivre noir et un soupçon de cannelle, offrant la nette impression que la vitole en a sous le pied.

L’allumette AVO s’enflamme et vient épouser le pied du cigare qui, sous une chauffe patiente, s'embrase. Deux ou trois bouffées de contrôle, un léger souffle sur le foyer pour parfaire l'allumage, et me voilà prêt à me livrer aux plaisirs d’une dégustation qui s'annonçait — et se confirmera être — un parfait moment de plaisir.



Avo


Du poivre à la crémosité : l'évolution en fumée

Les toutes premières bouffées sont marquées par des notes de terre, de chocolat noir et de fruits secs, accompagnées d'un poivre blanc qui affirme sa pleine puissance dès le premier centimètre.

Au fil d'une combustion parfaite, les saveurs évoluent avec l’arrivée du cuir tanné et de nuances de sous-bois, rappelant typiquement la forêt du Mont Sainte-Odile avec sa mixité où les conifères côtoient de grands chênes majestueux.



Avo


Puis, environ 7 cm après l'allumage, survient une transition remarquable : l'arrivée d'une belle crémosité. Elle vient tempérer la fougue poivrée du démarrage avec une onctuosité briochée. Contrairement au reste de la gamme AVO où le crémeux typique accompagne la dégustation du début à la fin, il fait ici une entrée remarquée en milieu de parcours.

La palette opère alors un tournant radical : la cannelle s'installe, le poivre blanc se fait plus discret, laissant place à des notes de fougère, de muscade et, pour compléter ce tableau, à un vaste champ de fleurs de printemps.

Arrive enfin le moment tant redouté, celui où l'on n'a plus d'autre choix que de le laisser mourir dans le cendrier, quand les doigts chauffent et que les warnings « attention moustache » passent au rouge. 

Churchill, Toro, Robusto : Quel module choisir ?

En général, je ne fais pas de différences dans mes articles entre les différents modules d'une même ligne, trouvant les divergences trop minimes pour s'y attarder. Mais cette fois, c'est différent : 

  • Le Robusto : C'est la lecture la plus concentrée du mélange, et celle vers laquelle la plupart des habitués d'AVO se tourneront par réflexe.
  • Le Churchill : Il raconte la même histoire, mais plus lentement. Un temps de combustion plus long laisse à chaque arôme le temps de s'exprimer pleinement.
  • Le Toro : Il offre le compromis parfait : un gros module, une combustion plus rapide que le Churchill, tout en conservant ce même caractère concentré d'un cran.

Fiche technique & Détails de dégustation

Pour réaliser cet essai, les dégustations ont été effectuées sur un panel composé de 2 Toro, 1 Churchill et 1 Robusto :

  • Robusto : 12,7 cm — Cepo 52
  • Toro : 15,2 cm — Cepo 54
  • Churchill : 17,8 cm — Cepo 48 

Composition de l'assemblage :

  • Cape : Équateur
  • Sous-cape : Jamastran (Honduras)
  • Tripe : Jalapa & Condega (Nicaragua), Jamastran (Honduras)

En conclusion

L’AVO Expresivo s'impose comme un remarquable cigare Sub-Premium. Il offre une palette aromatique à la fois riche, variée et parfaitement équilibrée, portée par une puissance évoluant d'un corps moyen vers un corps moyen à fort, le tout pour un tarif particulièrement raisonnable.

C'est une vitole sur laquelle il faut prendre son temps, et qui ouvre magnifiquement la voie à la seconde vie des cigares AVO. A mes lecteurs et amis belges : encore un tout petit peu de patience, ils arrivent très bientôt dans vos civettes !

Grille tarifaire :

  • Au Luxembourg :

    • Robusto : 15,80 €
    • Toro : 17,50 €
    • Churchill : 17,10 €
  • En France :
    • Robusto : 16,00 €
    • Toro : 17,50 €
    • Churchill : 17,00 €